À l’occasion de l’exercice de redevabilité du gouvernement Suminwa II, le ministre de l’Industrie, Justin Kalumba, a insisté sur la nécessité de mettre en place des corridors industriels connectés aux principaux corridors de transport, notamment le corridor de Lobito et le corridor de l’Ouest–Congo Central, afin de faciliter les échanges et renforcer l’attractivité des investissements industriels.
Justin Kalumba a rappelé que la République démocratique du Congo demeure fortement dépendante des importations alors qu’elle dispose d’importantes ressources susceptibles d’être transformées localement. Cette orientation a-t-il expliqué, résulte d’un modèle économique hérité de la division internationale du travail qui a longtemps cantonné les pays du Sud à la production de matières premières, tandis que les pays du Nord se sont spécialisés dans leur transformation et la création de valeur ajoutée.
"Le gouvernement entend ainsi opérer un changement de paradigme en développant une industrie nationale capable de produire à grande échelle et de répondre aux besoins du marché intérieur tout en conquérant les marchés extérieurs", a déclaré le ministre de l'Industrie.
Le ministre a rappelé qu’en 1960, la RDC comptait environ 9 600 unités industrielles et figurait parmi les pays les plus industrialisés d’Afrique subsaharienne.
Dans cet ordre d'idée, Justin Kalumba a présenté la Zone économique spéciale de Maluku comme l’un des projets phares de la politique industrielle du gouvernement.
"Cette plateforme industrielle accueille actuellement 16 entreprises, dont plusieurs sont déjà opérationnelles. L’une d’entre elles a réalisé un investissement de 250 millions de dollars pour produire des boissons non alcoolisées et des boissons en canette, une première en République démocratique du Congo. Cette production est destinée aussi bien au marché national qu’à l’exportation, illustrant l’ambition du gouvernement de développer une industrie compétitive à vocation régionale", a fait savoir le ministre Kalumba.
Le FPI mobilisé pour financer les projets industriels
Le ministre de l’Industrie a souligné le rôle stratégique du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) dans le financement de l’industrialisation.
Le FPI intervient actuellement dans des projets répartis dans quinze provinces, pour un volume financier dépassant 171 millions de dollars au cours de cette année. L’établissement poursuit l’octroi de crédits aux entreprises industrielles et peut également prendre des participations dans certains projets structurants.
Justin Kalumba a indiqué que le FPI devra consacrer une partie de ses ressources au financement des études de faisabilité, considérées comme indispensables pour attirer des financements internationaux, bancaires, bilatéraux et multilatéraux.
Le ministre est revenu sur l'affaire de 350 millions de dollars de créances du FPI auprès de débiteurs défaillants. Un ultimatum leur a été adressé afin de régulariser leur situation, précisant que des mesures seront prises sans aucune exception en cas de non-paiement.
Des milliers d’emplois attendus grâce aux investissements industriels
Le gouvernement met également l’accent sur la création d’emplois à travers les investissements industriels.
Selon Justin Kalumba, les unités industrielles recensées en 2024 ont permis de générer environ 30 000 emplois.
À la Zone économique spéciale de Maluku, les projections tablent sur près de 10 000 emplois directs. Trois hectares y ont été réservés à la formation professionnelle afin de renforcer les compétences de la jeunesse congolaise.
Le ministre a annoncé qu’une entreprise implantée à Maluku recrutera chaque année 600 jeunes Congolais comme stagiaires, avec la possibilité pour une centaine d’entre eux d’obtenir un contrat à durée indéterminée.
À Kin-Malebo, où 25 entreprises sont en cours d’installation, les investissements atteignent également 250 millions de dollars et devraient générer jusqu’à 5 000 emplois directs, auxquels s’ajouteront de nombreux emplois indirects.
De nouvelles zones économiques spéciales en préparation
Au-delà de Maluku et de Kin-Malebo, le gouvernement prépare l’extension de cette politique industrielle à d’autres régions du pays.
Une nouvelle Zone économique spéciale est envisagée à Moçambique autour de la chaîne de valeur des batteries, des précurseurs de batteries et des véhicules électriques. Deux autres zones manifestent également leur intérêt pour ce modèle de développement industriel.
Le ministre a indiqué que plusieurs opérateurs économiques, auparavant spécialisés dans l’importation, investissent désormais dans des unités de transformation locale à Maluku et à Kin-Malebo. Certaines de ces entreprises devraient lancer leur production dans un délai de deux à trois mois.
Bienvenu Ipan