La République démocratique du Congo ambitionne de tripler son taux d’accès à l’électricité dans les cinq à dix prochaines années, grâce à une mobilisation accrue des financements publics et privés. L'annonce a été faite par le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Molendo Sakombi, qui dressait le bilan de son action à l'occasion de l'an 1 du gouvernement Suminwa II.
Il a ajouté qu'à plus long terme, le gouvernement estime qu’il faudra 10 à 15 ans pour électrifier une grande partie du territoire national.
Concernant les délestages, le ministre a indiqué que leur réduction passera par l’assainissement du réseau de la SNEL, le renforcement de la production nationale et l’intégration des nouveaux projets énergétiques.
Pour la province du Kwango, le ministre a annoncé que la ligne Bukangalonzo-Kenge, évaluée entre 22 et 24 millions de dollars américains, figure parmi les priorités du gouvernement.
"Les études de faisabilité de Kakobola 2, d’une capacité de 15 MW, sont également finalisées, avec un démarrage des travaux prévu l’année prochaine. L’ensemble des deux centrales permettra de porter la capacité énergétique du Kwango à 25 MW", a déclaré Molendo Sakombi.
Sur le plan régional, le ministre a présenté le projet d’interconnexion électrique entre la RDC et l’Angola, à travers une ligne de 1 450 kilomètres reliant Malange à Afungirome.
Selon ce membre du gouvernement Suminwa II, "Cette infrastructure permettra à la RDC d’importer le surplus de 2 000 MW disponible en Angola et de renforcer l’intégration énergétique régionale. Au regard des estimations présentées, ce projet pourrait être réalisé dans les 24 mois suivant le lancement des travaux".
Pioka-Tombe, un nouveau projet stratégique adopté par le gouvernement
Le ministre Molendo Sakombi a également évoqué le projet hydroélectrique de Pioka-Tombe, d’une capacité de 6 450 MW, adopté en Conseil des ministres.
"Les études réalisées en 1978 par Electroconsult sont actuellement actualisées. Cette phase devrait s’achever dans un délai de trois à six mois, avant le lancement du closing financier. La répartition prévisionnelle de cette capacité prévoit 2 000 MW pour le Congo-Brazzaville, 2 000 MW pour le secteur minier et 1 000 MW destinés à l’alimentation de Tshikapa et du Kongo-Central", a-t-il indiqué.
Trois piliers pour accélérer la transformation du secteur
Molendo Sakombi a réaffirmé que la stratégie du ministère repose sur trois priorités : améliorer les services rendus à la population, garantir une énergie suffisante pour l’industrie minière et créer un environnement attractif pour les investisseurs. Dans ce cadre, il a annoncé la mise en place d’unités locales d’assemblage de panneaux solaires, l’importation des composants suivie de leur assemblage en RDC, ainsi que la construction de trois à cinq centrales photovoltaïques en partenariat avec le ministère de l’Industrie.
Enfin, le ministre a proposé l’organisation, dans les prochains jours, d’une séance spéciale de redevabilité consacrée au secteur de l’énergie, réunissant les directeurs généraux de la SNEL, de la Régie des eaux et d’ANSER, avec des lignes téléphoniques ouvertes au public, afin d’assurer une meilleure cohérence des données et un dialogue direct avec les usagers.
Bienvenu Ipan