Les rues de Bunia ont servi de cadre à une mobilisation citoyenne en faveur de la protection de l’environnement. Réunis au sein du consortium « Notre Terre Sans Pétrole », des organisations de la société civile CdC/RN, FORED, FECOPELA, AFEM, RPDI et FOPED, des défenseurs de l’environnement et des habitants de la province de l’Ituri ont organisé le 27 juin 2026 une marche pacifique pour dénoncer les projets d’exploitation pétrolière envisagés dans la région du lac Albert.
Banderoles à la main et slogans en faveur de la préservation des écosystèmes, les manifestants ont exprimé leurs inquiétudes face aux conséquences environnementales et sociales que pourraient entraîner les activités pétrolières dans cette zone transfrontalière entre la RDC et l’Ouganda. Pour les organisateurs, le lac Albert représente une source vitale de subsistance pour des dizaines de milliers de pêcheurs, d’agriculteurs et de communautés riveraines.
Cette manifestation s’inscrit dans le cadre d’une campagne nationale de sensibilisation contre les projets extractifs jugés à haut risque, ainsi que dans la semaine d’action internationale consacrée à la lutte contre l’expansion pétrolière en République démocratique du Congo.
Les participants ont notamment mis en garde contre les risques de pollution du lac, de destruction des écosystèmes et d’aggravation des effets du changement climatique. Ils estiment que le développement pétrolier pourrait compromettre durablement les ressources naturelles dont dépendent les populations locales.
« Le projet EACOP a déjà provoqué le déplacement de plus de cent mille personnes, la perte des terres agricoles et des dommages graves aux écosystèmes. La perspective du raccordement aux blocs pétroliers du Graben Albertine renforce la menace sur les populations riveraines du lac Albert et sur les forêts du bassin du Congo », a déclaré John Lufukaribu Toli, membre de l’ONG FORED, lors de la lecture du mémorandum.
La marche s’est achevée devant la presse locale par la lecture d’un mémorandum adressé aux autorités congolaises. Les organisations signataires y demandent la suspension immédiate du projet pétrolier dans la région du lac Albert et l’ouverture d’un dialogue transparent avec les communautés concernées.
Les membres du consortium « Notre Terre Sans Pétrole » plaident pour un modèle de développement fondé sur la protection des ressources naturelles, la pêche durable, l’agriculture et les énergies renouvelables. Ils rappellent que le bassin du Congo constitue l’un des principaux régulateurs climatiques de la planète et que toute dégradation de ses écosystèmes aurait des répercussions bien au-delà des frontières de l’Ituri.
« Nous voulons que les décisions concernant l’avenir du lac Albert soient prises avec les communautés locales, dans la transparence, et en tenant compte des risques environnementaux qui pèsent sur notre territoire », ont insisté les organisateurs.
Cette mobilisation intervient dans un contexte de fortes préoccupations autour des projets pétroliers transfrontaliers dans le Graben Albertine. Plusieurs organisations environnementales alertent depuis des mois sur les impacts potentiels des projets Tilenga, Kingfisher et de l’oléoduc EACOP, notamment sur les ressources en eau, la biodiversité et les moyens de subsistance des populations riveraines.
À Bunia, les organisateurs promettent de poursuivre leur campagne de plaidoyer afin d’obtenir une meilleure protection du lac Albert et des écosystèmes de l’est de la RDC.