"L'éducation pour réussir : exigences et réalité des investissements dans les cerveaux de demain en RDC", tel est le thème d'un Café politique organisé le jeudi 30 juillet 2026 à Kinshasa par la Dynamique des politologues de la République démocratique du Congo, en collaboration avec la Friedrich Ebert Stiftung, traduisez Fondation Friedrich Ebert (FES). Le panel était composé de Jacques Tshimbalanga de la CONEPT RDC et Emmanuel Kanyinda du CIDEP.
Dans leurs démarches, les panelistes ont d'abord fait un diagnostic approfondi du système éducatif congolais. Ce qui leur a permis d'identifier ensuite les défis majeurs qui bloquent le développement du capital humain.
Sur cette base, ils ont dégagé quatre exigences en termes de recommandations concrètes pour améliorer la chaîne éducative congolaise. Ils admettent que la gratuité de l'enseignement primaire a permis à plus de 4 millions d'enfants supplémentaires d'accéder à l'école portant les effectifs à près de 29 millions d'élèves. Comme première exigence, ils recommandent à l'État congolais d'investir suffisamment dans le secteur de l'éducation.
"Cette réforme constitue une avancée majeure pour la RDC. Cependant, la forte croissance de la population scolaire n'a pas été accompagnée d'investissements suffisants dans les infrastructures, les équipements, les enseignants et le financement du secteur. C'est pourquoi, nous estimons que l'éducation doit désormais être pensée comme une chaîne continue, allant de l'école primaire jusqu'à l'insertion professionnelle afin de transformer la croissance démographique en un véritable dividende économique", estiment-ils.
Évoquant le deuxième défi, ces experts ont affirmé que le financement du secteur de l'éducation demeure insuffisant et reste largement consacré à la masse salariale. Ils ajoutent les mauvaises conditions d'apprentissage, notamment des salles de classe surchargées, des bâtiments vétustes, le manque d'électricité et d'équipements justifiant en grande partie la faiblesse des acquis des élèves en lecture et en mathématiques.
D'où, cette deuxième exigence:
"Limitons donc les investissements dans les infrastructures et les ressources pédagogiques", recommandent-ils.
Le troisième défi fait état de la rupture entre la formation et les besoins du développement:
" Ici, notre diagnostic a montré que les difficultés se prolongent dans l'enseignement supérieur: les formations restent insuffisamment orientées vers les compétences recherchées par le marché du travail. Tandis que l'application du système LMD demeure essentiellement administrative. La recherche scientifique quant à elle souffre d'un faible niveau de valorisation et les liens entre les universités".
Et d'ajouter:
"Les entreprises et les pouvoirs publics restent limités. Cette situation contribue au chômage, aux sous-emploi et à la difficulté d'insérer de jeunes diplômés dans l'économie nationale".
À cet effet, ils recommandent une adéquation entre formation, emploi et insertion professionnelle des diplômés.
Le quatrième défi porte sur la vision et les solutions proposées. Face à ces défis, ces panelistes proposent une réforme cohérente de l'ensemble de la chaîne éducative afin de mesurer objectivement la qualité de l'éducation.
Ils proposent également de rapprocher davantage l'enseignement supérieur du monde professionnel; valoriser la richesse scientifique et développer des partenariats entre universités, entreprises et l'État.
"C'est dans ces conditions seulement que l'éducation deviendra effectivement un véritable levier de développement capable de transformer le potentiel démographique de la RDC en un capital humain compétent, productif et créateur de richesses.
S'exprimant au nom de la FES, Mme Ruth Zinga a rappelé que l'éducation n'est pas une dépense mais plutôt un investissement stratégique pour le développement de la RDC. Elle s'est dit convaincue que les recommandations issues de ce Café politique pourront aider les décideurs à pouvoir prendre les bonnes décisions nécessaires pour le développement du secteur de l'éducation en RDC.
À son tour, le coordonnateur de la Dypol, Christian Moleka, a émis le vœu que ces recommandations arrivent aux autorités du pays pour pouvoir améliorer tant la gratuité de l'enseignement que le système LMD. Ce qui, a-t-il rassuré, permettra d'avoir des citoyens aptes de travailler dans un environnement favorable.
Bienvenu Ipan