Le Fonds forestier national (FFN), chargé notamment de financer les opérations de reboisement et d’aménagement forestier en République démocratique du Congo, est sévèrement épinglé par la Cour des comptes.
Dans un rapport récent consacré à la situation financière de cette structure entre 2024 et 2025, l’institution de contrôle fait état de financements accordés à des projets qualifiés de « projets fantômes ».
Il faut préciser que le Fonds forestier national est financé par l’État congolais. En 2026, il a bénéficié d’environ 6,19 millions USD.
Selon la Cour, certains projets financés par le FFN n’ont pas pu être localisés ou matérialisés sur le terrain. Les vérifications physiques ont notamment permis d’identifier des terrains vagues, des savanes non arborées ou encore des sites sans aucune trace de plantation, alors que des financements avaient été décaissés.
« Les constats relatifs aux dépenses d’investissement sont particulièrement graves. La Cour relève le financement de projets qualifiés de “projets fantômes”, c’est-à-dire des projets financés mais non localisés ou non matérialisés sur le terrain », relève le rapport transmis à Deskeco.
Les projets non localisés représentent, selon la Cour des comptes, 1 354 682 USD, pour une superficie annoncée de 752,60 hectares. Des cas relevés notamment dans le Haut-Katanga et le Lualaba font état de décaissements intégraux sans exécution physique correspondante, y compris pour des projets portés par des ONG ou des fondations dont les réalisations n’ont pas pu être constatées.
Un reboisement sans suivi suffisant
La Cour des comptes pointe également l’absence d’un véritable mécanisme d’entretien après la plantation. Elle constate que les crédits ne prévoient pas suffisamment de ressources destinées à assurer la survie des plants.
« Le succès du reboisement est mesuré de manière administrative par le nombre de plantules distribuées ou mises en terre, et non par le taux de survie réel après plusieurs années », indique la Cour des comptes.
Les vérifications de terrain font ressortir un taux de survie moyen inférieur à 30 %, ce qui signifie que plus de deux tiers des plants ne survivent pas suffisamment longtemps pour produire les effets attendus.
Pour la Cour des comptes, cette situation remet en cause l’efficacité des investissements réalisés dans le secteur forestier. Elle estime que le reboisement ne devrait pas se limiter au financement et à la mise en terre des plants, mais intégrer leur entretien et leur suivi jusqu’à leur établissement durable.
Jean-Baptiste Leni