Les activités minières de l'usine 30 K, de Tenke Fungurume Mining (TFM), appartenant au géant chinois CMOC, auraient causé des problèmes de pollution atmosphérique, sanitaires et socio-économiques à des communautés de Fungurume, dans la province du Lualaba, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC).
C'est ce qui ressort d'un rapport intitulé « Pollution de l'air à Fungurume : Manomapia suffoque sous l'usine 30 K ? », rendu public en ce mois de juin par le consortium « Mazingira Pour Tous », qui regroupe la société civile, les médias ainsi que les chercheurs dans le domaine de la protection de l'environnement.
Cette usine hydrométallurgique spécialisée dans la transformation du minerai de cuivre-cobalt en hydroxyde de cobalt, avec une capacité de traitement de 30 000 tonnes de minerais par jour, aurait causé plus de dégâts, spécialement à Manomapia, un quartier de Fungurume situé directement à côté de l'usine 30 K.
Le rapport renseigne que « les campagnes de mesure de la qualité de l'air ont détecté de manière intermittente la présence de dioxyde de soufre (SO₂) dans l'environnement ».
Selon les analyses, entre novembre et décembre 2025, des moyennes glissantes sur 10 minutes variant de 0 à 0,7 ppm ont été enregistrées dans ce quartier (la valeur de 0,7 ppm correspond à une moyenne sur 10 minutes calculée à partir des relevés du QRAE 3), renseigne le rapport.
Les données indiquent également un suivi « longitudinal plus poussé », qui a démontré que « ces émissions sont récurrentes, avec des pics moyens sur 10 minutes allant jusqu'à 0,3 ppm (deuxième mission, saison des pluies) ».
TFM conteste la fiabilité des données
De son côté, TFM réfute la fiabilité de ces données et du détecteur QRAE 3, ainsi que la validité des résultats présentés.
Selon l'entreprise, il y a l'absence d'informations détaillées sur la calibration, les points de mesure, les méthodes d'échantillonnage et les conditions météorologiques.
C’est un deuxième rapport du genre cette année. Le 9 mars 2026, l’Environmental Investigation Agency (EIA) avait déjà accusé TFM de pollution dans la zone, situation ayant provoqué les toux sanglantes, les bronchites ainsi que les pneumonies chez les habitants.
A l’époque, TFM avait réfuté ces affirmations, estimant que selon ses données internes couvrant la période de fin 2024 à début 2025, les concentrations de dioxyde de soufre (SO₂) seraient restées conformes aux normes en vigueur en RDC ainsi qu’aux lignes directrices environnementales de la Société financière internationale (SFI). Un pic d’émissions enregistré fin 2023, lors de la mise en service de l’usine 30K, aurait été « rapidement identifié et corrigé », précisait TFM.
Bruno Nsaka