Signature de la concession du Corridor de Lobito: les USA saluent une étape importante du partenariat avec la RDC

Photo d'illustration
Photo d'illustration
PAR Deskeco - , Dans Actualités

 

L’ambassade des États-Unis en République démocratique du Congo salue la signature de la concession du Corridor de Lobito comme une nouvelle étape dans le partenariat entre Washington et Kinshasa. Au lendemain de la signature de l’accord par le président Félix Tshisekedi, la représentation diplomatique américaine a organisé une réception à Kinshasa sous l’égide du Chargé d’Affaires Ian McCary, afin de marquer cette avancée dans le développement de cette infrastructure ferroviaire.

Pour les États-Unis, cette signature ouvre désormais la voie à la réhabilitation de la ligne ferroviaire congolaise intégrée au Corridor de Lobito. L’ambassade américaine rappelle que le projet bénéficie d’un financement d’un milliard de dollars du gouvernement américain et que Mota-Engil est désormais appelée à engager les travaux de réhabilitation de cette liaison.

« Une étape importante dans le partenariat stratégique entre les États-Unis et la RDC », a souligné l’ambassade américaine, qui voit dans cette concession bien plus qu’un simple projet ferroviaire.

La représentation diplomatique américaine estime en effet que la réhabilitation du corridor doit permettre de renforcer les connexions entre la RDC et les marchés internationaux. La ligne doit notamment faciliter l’acheminement des exportations congolaises vers les États-Unis et d’autres marchés à travers le réseau du Corridor de Lobito.

« Soutenu par un financement de 1 milliard de dollars du gouvernement américain, Mota-Engil est désormais prêt à réhabiliter la ligne ferroviaire du Corridor de Lobito, qui reliera les exportations congolaises aux États-Unis et au reste du monde », a fait savoir l’ambassade des États-Unis.

Pour Washington, l’enjeu ne se limite toutefois pas à la circulation des marchandises. Le développement du Corridor de Lobito est également présenté comme un outil susceptible de produire des retombées économiques pour les populations congolaises vivant le long de cet axe.

L’ambassade américaine met notamment en avant la création d’emplois, l’amélioration des conditions de production dans les secteurs minier et agro-industriel ainsi que l’accès aux marchés internationaux. Elle associe également le projet au développement des infrastructures énergétiques et numériques.

« Plus qu’une infrastructure, un Corridor de Lobito revitalisé constitue un socle pour la création de bons emplois pour les Congolais, la stabilité et une croissance inclusive : une alimentation électrique fiable pour les secteurs minier et agro-industriel, l’accès aux marchés internationaux et une connectivité Internet à haut débit élargie pour les communautés situées le long du corridor », a indiqué la représentation diplomatique américaine.

À travers cette vision, les États-Unis souhaitent donc que le développement du corridor ne profite pas uniquement aux activités d’exportation. Les infrastructures associées doivent également permettre aux populations et aux entreprises installées le long de cet axe de bénéficier de meilleures conditions d’accès à l’énergie, aux marchés et aux services numériques.

L’autre dimension mise en avant par Washington concerne les minerais critiques. La RDC dispose d’importantes ressources en minerais nécessaires à plusieurs chaînes industrielles mondiales. Pour les États-Unis, sécuriser leur accès constitue un enjeu économique et national, dans un contexte où les grandes puissances cherchent à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement.

L’ambassade américaine établit ainsi un lien entre le développement du Corridor de Lobito et la sécurité des approvisionnements américains.

« Un accès sécurisé aux minerais critiques le long de ce corridor renforce également la sécurité économique et nationale des États-Unis, en soutenant l’industrie américaine et en protégeant nos chaînes d’approvisionnement », a déclaré l’ambassade.

Washington affirme toutefois vouloir inscrire cet intérêt dans une dynamique qui bénéficie également à la RDC. La représentation américaine considère que le développement du corridor peut contribuer à permettre au pays de mieux valoriser ses ressources naturelles et d’en tirer davantage de retombées pour sa population.

Cette position intervient après la signature, le 26 août à Kinshasa, du contrat de concession et de la convention de collaboration entre le gouvernement congolais et Mota-Engil Engenharia e Construção Africa S.A. portant sur la ligne ferroviaire Dilolo-Sakania. Longue de 1 004,5 kilomètres, cette ligne doit relier notamment Dilolo, Kolwezi, Tenke, Lubumbashi et Sakania.

Le projet s’inscrit dans le développement du Corridor de Lobito, qui relie la région cuprifère et cobaltifère de la RDC au port angolais de Lobito. Pour les États-Unis, la modernisation de cet axe doit faciliter les échanges commerciaux tout en créant de nouvelles possibilités économiques pour les populations et les entreprises congolaises.

Jean-Baptiste Leni

Articles similaires