La République démocratique du Congo peut aujourd'hui se targuer de se doter d'un annuaire qui recense tous les métiers à développer dans les 145 territoires. Cette innovation est à inscrire dans l'actif du ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombo. Il l'a évoquée dans son bilan dressé récemment sur le plateau de Redevabilité, une émission réalisée à la télévision nationale, dans le cadre de l'an I du gouvernement Suminwa II.
« (...) Comme nous sommes dans l’an 1 de ce mandat, nous avons doté notre pays, pour la première fois depuis l’existence du ministère, d’un document de politique nationale de formation professionnelle qui s’étend sur dix ans. Quand vous y entrez, vous trouverez les quatre segments qui permettront à notre pays d’entrer pleinement dans l’univers de la formation professionnelle », a-t-il expliqué.
Il a ajouté :
« Nous avons pensé, pour canaliser, comme aime toujours le dire le Chef de l’État et la Première ministre, que nous devons disposer d’une main-d’œuvre capable de répondre aux défis économiques et aux défis du développement de notre pays ».
Et d'insister:
« Je vous ai dit que nous avons produit un document, une sorte de répertoire, d’annuaire, si vous voulez, qui recense tous les métiers à développer dans les 145 territoires. Cela signifie que, dans chaque territoire, nous identifions les compétences nécessaires pour accompagner le développement et permettre aux jeunes de rester sur place. Vous allez me demander comment y parvenir? Cela appelle une grande politique de construction des centres publics de formation. Nonobstant l’existence des centres privés, qui sont des partenaires, il s’est imposé une nécessité : l’État doit disposer de ses propres centres. Nous avons donc lancé ce programme de construction des centres à travers toute la République».
Main-d’œuvre congolaise dans les mines: un premier centre public moderne de l’État inauguré au Lualaba
Le ministre de la Formation professionnelle a abordé la question de la main-d'œuvre congolaise dans les mines.
« Cette question demeure un grand défi pour moi. C’est dans le secteur des mines où nous ne retrouvons pas suffisamment de main-d’œuvre congolaise. Nous avons des sud-africains, des Zimbabwéens, des Éthiopiens qui viennent travailler dans ce secteur. Mais nous avons travaillé avec HP. C’est aussi l’occasion pour moi de remercier une entité territoriale décentralisée de la province du Lualaba, la commune de Dilala, avec laquelle nous avons travaillé en synergie pour inaugurer le premier centre public moderne de l’État », a expliqué le ministre.
À son arrivée, le ministre dit avoir trouvé plusieurs centres de très bonne qualité, jouissant même d’une notoriété internationale, mais qui étaient détachés du ministère. Un effort a été entrepris pour les rattacher à son administration.
« Je vais même vous surprendre en vous disant qu’aujourd’hui, il y a des centres de formation appartenant à des sociétés minières qui bénéficient de l’agrément du ministère. Cela signifie que nous sommes désormais en mesure de suivre ce qui s’y passe, parce qu’ils doivent nous rendre compte et échanger des données avec nous », a-t-il indiqué.
7000 dépendants de militaires et policiers formés
Parlant de dépendants de militaires et policiers, Mark Ekila a rappelé en avoir formé 7000.
« Il y a une couche particulière qui m’intéresse : celle des dépendants des militaires et des policiers. Nous en parlerons souvent. Nous avons formé plus de 7 000 personnes. Pourquoi cette priorité ? Parce que nous devons encourager les militaires et les policiers qui défendent l’intégrité territoriale de notre pays. Ils ont besoin de cet appui et, au ministère de la Formation professionnelle, en exécution des instructions du Chef de l’État, nous avons tenté cette expérience à travers toute la République », a-t-il indiqué.
800 jeunes formés en entrepreneuriat
Le ministre de la Formation professionnelle a eu à former 800 jeunes en entrepreneuriat.
« Nous avons formé beaucoup de jeunes à l’entrepreneuriat. Non seulement nous les avons formés, mais nous les avons aussi accompagnés. En attendant l’inauguration du centre de Mombele, celui-ci fonctionne déjà provisoirement dans un autre bâtiment. Nous avons accompagné environ 800 jeunes dans cette logique. Cela aboutit justement à la création d’un nouveau modèle, un nouveau paradigme de la formation dans le cadre de l’insertion et de l’accompagnement », a rappelé Marc Ekila.
Certification des compétences
Dans son actif, Mark Ekila a travaillé pour la certification des compétences en RDC.
« Nous avons aussi travaillé sur l’employabilité. Il faut préparer la main-d’œuvre. À Kinshasa, on dit souvent que la main-d’œuvre n’est ni qualifiée ni compétente. Pourtant, les mêmes personnes qui tiennent ce discours recourent à cette main-d’œuvre lorsqu’elles obtiennent des marchés de construction. Nous avons donc conclu que le problème, en République démocratique du Congo, n’est pas l’absence de compétences, mais la certification de ces compétences », a-t-il précisé.
Valorisation des acquis de l’expérience
Le ministère a mis en œuvre un outil appelé valorisation des acquis de l’expérience.
« Quelqu’un peut exercer la mécanique, l’électricité ou un autre métier pendant cinq ans sans être passé par une formation classique. Il apprend sur le tas. Mais comment faire pour qu’il quitte un jour l’informel et puisse se présenter devant une entreprise ? Nous avons organisé ce mécanisme au niveau du ministère de la Justice. Nous avons mis en place des jurys de valorisation des acquis de l’expérience », a expliqué Marc Ekila.
Comme la problématique venait des employeurs représentés notamment par la FEC, l’ANEP et d’autres organisations, il a confié la présidence des jurys à ces deux structures privées.
« Nous leur avons dit : c’est vous qui nous posez le problème de l’absence de compétences, c’est donc à vous de venir les apprécier. Et cela fonctionne bien. Au moment où je vous parle, si ma mémoire ne me trahit pas, plus de 22 000 personnes se sont déjà inscrites pour commencer ce processus », a-t-il déclaré.
Création d'une académie sur les métiers portuaires
Le ministère de la Formation professionnelle a aussi créé une académie sur les métiers portuaires.
« Nous avons créé une académie. Au-dessus des centres de formation, nous avons mis en place des académies et des écoles technologiques pour prendre en charge le numérique, l’intelligence artificielle, l’ingénierie, l’informatique, la transition écologique, les métiers verts et bien d’autres domaines. Pour accéder à une académie de formation professionnelle, le niveau requis est celui de D6, c’est-à-dire le baccalauréat chez nous. Aujourd’hui, je su heureux de vous annoncer une première expérience qui fonctionne très bien avec notre partenaire à Matadi, où nous avons lancé une cohorte de plus de 40 jeunes, du niveau G3, qui apprennent les métiers portuaires, c’est-à-dire tout ce qui concerne le port et les activités maritimes », a fait savoir le ministre Mark Ekila.
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