Haut-Uele : à Isiro, un sac de ciment passe de 40 000 FC à 65 000 FC après l'effondrement d'un pont à Faradje

cimenterie
PAR Deskeco - 29 juil 2026 12:51, Dans Actualités

 

Le sac de ciment a pris de l’ascenseur à Isiro depuis l’effondrement du pont Aro, sur la nationale numéro 26 dans le territoire de Faradje, le 15 juillet dernier. Le prix du matériau de construction a connu une hausse brutale, au grand dam des maçons, des ménages et des promoteurs immobiliers du chef-lieu du Haut-Uele. Sur les marchés d’Isiro, le sac de 50kg qui se vendait à 40 000 FC il y a 10 jours frôle désormais les 65 000 FC. Certains vendeurs l’affichent même à 70 000 FC selon la disponibilité.

Le pont situé sur l’axe Isiro-Dungu-Aru, s’est affaissé le 15 juillet sous le poids d’un camion poids-lourd. Depuis, la circulation des gros camions en provenance d'Aru, Ariwara et de l’Ouganda est paralysée. Les cargaisons de ciment, de fer et d’autres matériaux sont bloquées entraînant toutes ces conséquences collatérales.

« Avant on recevait 2 à 3 camions par semaine. Depuis l’effondrement, on n’a rien reçu. Ce qu’on vend vient de l'ancien stock. Et quand le stock finit, il faut louer des petits camions pour c Le transport a doublé », expliquent certains vendeurs de matériaux au marché d’Isiro.

Pour les commercants, l’incident de Faradje n’est que la goutte d’eau. Ils accusent l’absence d’entretien des ouvrages d'arts et redoutent l’enclavement de la province. «Ce pont avait déjà des fissures. On avait alerté. Aujourd’hui tout le Haut-Uele paie le prix. Le ciment monte, le fer monte, même les tôles. Comment voulez-vous construire ? », s’indigne un autre vendeur.

Du côté des clients, c’est la colère. Plusieurs chantiers à Isiro sont à l’arrêt. Les particuliers qui voulaient couler des dalles ou monter des murs ont suspendu leurs travaux. Ils craignent que la situation s'élargisse sur le prix des autres biens, principalement les denrées alimentaires. Ils condamnent aussi la façon dont des commerçants font de la misère de la population une aubaine. 

En attendant, les prix risquent de continuer à grimper tant que le trafic n’est pas rétabli, car des centaines des véhicules restent bloqués de part et d'autre du lieu. Pour rappel, le tronçon Durba-Watsa-Isiro qui demeure la seule alternative durable à ce chaos, a été fermé à la circulation depuis le 05 juin dernier en raison des opérations de ratissage par l'armée entre Isiro et Mungbere après les dernières incursions des présumés ADF. 

Joël Lembakasi

Articles similaires