La coalition Congo n'est pas à vendre (CNPAV) salue la décision du Groupe d'action financière (GAFI), prise le vendredi 30 octobre 2026 à Paris, de retirer la République démocratique du Congo de sa liste grise. Inscrite depuis octobre 2022 pour des lacunes stratégiques dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, la RDC a exécuté un plan d'action de 23 mesures, documenté par dix rapports de progrès et validé par la mission de terrain de septembre 2026.
"Le CNPAV félicite le ministère des Finances, la Banque centrale du Congo et la CENAREF pour le travail accompli, qui a permis de porter la conformité aux standards du GAFI de 10% en 2020 à 55% en mars 2026. Cette sortie est une avancée nécessaire pour la crédibilité financière du pays. Elle facilitera les transactions bancaires et l'investissement. Le GAFI lui-même rappelle cependant que ce retrait ne signifie pas la disparition des risques", a-t-on lu dans un communiqué rendu public ce samedi 31 octobre 2026.
Pour le CNPAV, cette décision confirme une distinction essentielle:
"la conformité technique n'est pas synonyme de justice effective et ne signifie pas la fin de la corruption. Avoir de bonnes lois ne signifie pas les appliquer ! Le pays dispose désormais d'un arsenal juridique renforcé, notamment avec la loi anti-blanchiment du 1er juillet 2025, saluée par la communauté internationale".
S’engager résolument dans la lutte effective contre l’impunité
Le consortium de la société civile appelle le gouvernement à "désormais aller au-delà de la simple mise en conformité et à s’engager résolument dans la lutte effective contre l’impunité. Cela suppose notamment de mettre fin aux conflits d’intérêts au plus haut niveau de l’État, de garantir le strict respect des règles de passation des marchés publics, d’endiguer le recours abusif aux marchés de gré à gré et de mettre un terme aux dépassements budgétaires récurrents qui compromettent la bonne gestion des finances publiques et fragilisent les ressources de l’État".
La plateforme souligne aussi que la corruption, le détournement des biens publics et le pillage de nos ressources restent des fléaux majeurs. Chaque marché public truqué, chaque contrat de gré à gré abusif, chaque budget dépassé, c'est une maternité sans médicaments, une école sans toit, une agglomération dans le noir sans eau courante, une route remplie de nids-de-poule et un hôpital sans matériel.
Transformer cette victoire technique en victoire pour le peuple
Le CNPAV appelle le gouvernement à transformer cette victoire technique en victoire pour le peuple :
"utiliser ces mêmes outils qui ont permis de sortir de la liste grise pour poursuivre et sanctionner tous les auteurs de détournements de fonds publics et récupérer les biens mal acquis. Le gouvernement doit transformer l'essai. Le Congo doit appliquer ses textes".
À propos du CNPAV
L e Congo n’est pas à vendre (CNPAV) est une coalition d’organisations de la société civile engagée dans la lutte contre la corruption, les détournements de fonds publics et la mauvaise gouvernance en République démocratique du Congo.
Bienvenu Ipan