Fungurume : maladies, décès et détresse psychologique, le témoignage accablant des habitants de Manomapia

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PAR Deskeco - , Dans Mines

Le consortium « Mazingira Pour Tous », qui regroupe la société civile, les médias ainsi que les chercheurs dans le domaine de la protection de l'environnement, affirme avoir mené sur terrain 47 entretiens approfondis auprès des habitants de certains quartiers de Fungurume, dans la province du Lualaba, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), affectés par les activités de l'usine 30 K de Tenke Fungurume Mining (TFM).

« Mazingira Pour Tous » rapporte par exemple qu'« une veuve d'un des quartiers a perdu son mari, diagnostiqué à l'hôpital Sendwe de Lubumbashi comme souffrant de "plaies dans les poumons et un cœur gonflé", attribués à l'inhalation de produits toxiques ».

« J'ai tout le temps des menaces d'avortement. Je ne sais pas si ma grossesse va arriver à terme », indique un autre témoignage cité dans le rapport.

À en croire le consortium, « une autre mère a perdu sa fille, couturière, qui souffrait de fortes douleurs à la gorge et à la poitrine, sans que les médecins n'aient pu poser un diagnostic précis ».

Tandis qu'un autre habitant signale :

« Nous enregistrons aussi des décès, surtout parmi les petits enfants. Il y a un enfant qui est mort chez les voisins. Il toussait beaucoup et il a vomi du sang. Pour nous, ce décès est lié à la pollution. »

Des impacts socio-économiques « profonds »

À ces symptômes physiques s'ajoutent des impacts socio-économiques que le consortium qualifie de « profonds ».

« Les familles consacrent une part importante de leurs revenus à l'achat de médicaments ou à des remèdes traditionnels (miel, ail, citron) pour soulager la toux des enfants », peut-on lire dans le rapport.

Il y a également la situation des tôles rouillées, ainsi que la détresse psychologique. Le consortium note que cette situation a même affecté ses enquêteurs de terrain, qui ont « fait l'expérience directe de la pollution lors de leurs descentes à Manomapia ».

« Ils ont ressenti une odeur piquante, des picotements intenses dans les yeux, la gorge et le nez, confirmant de manière sensorielle ce que les habitants décrivent et ce que les instruments mesurent », indique le rapport.

De son côté, TFM réfute toutes ces allégations parce que, selon lui, « aucun lien de causalité direct ne peut être établi entre les symptômes rapportés et les activités de l'usine 30K ».

Aussi, toujours selon TFM, aucun cas de maladie ou de décès attribué au SO₂ n'a été enregistré parmi les employés de l'usine 30K.

Bruno Nsaka

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