Les 22 millions USD annoncés en mai comme financement déjà identifié pour la mise en œuvre du nouveau dispositif de contrôle de l’Inspection générale des finances (IGF) ne seront pas mobilisés d’un financement extérieur. Ils doivent être mobilisés sur les ressources propres de l’institution, à partir notamment des dotations que lui accorde l’État congolais. C’est ce qu’a précisé Christophe Bitasimwa, inspecteur général chef de service de l’IGF.
Le nouveau dispositif s’inscrit dans le Plan stratégique triennal et directeur de digitalisation de l’IGF pour la période 2026-2028. Présenté officiellement le 20 mai 2026 à Kinshasa, ce programme prévoit une transformation progressive des méthodes de contrôle des finances publiques, avec notamment la digitalisation des procédures, l’interconnexion des systèmes d’information, le contrôle fondé sur les risques et l’exploitation des données. Le coût global du programme est estimé à 39 millions de dollars sur trois ans.
Lors de la conférence de presse du 20 mai, l’IGF avait indiqué que 22 millions de dollars de financements étaient déjà identifiés, soit environ 56 % du coût total du programme. Il restait ainsi un besoin de financement de 17 millions de dollars. Cette annonce avait toutefois laissé ouverte la question de l’origine exacte des 22 millions considérés comme disponibles ou identifiés.
Interrogé sur ce point, Christophe Bitasimwa a apporté une clarification importante. Selon lui, les 22 millions de dollars ne proviennent pas de bailleurs extérieurs et ne constituent pas une enveloppe déjà versée à l’IGF par un partenaire. Il s’agit de fonds que l’institution compte mobiliser à partir de ses propres dotations publiques.
« Les 22 millions sont identifiés, qui seront mobilisés en fonds propres, c’est-à-dire par l’Inspection même à travers ce que nous avons comme dotation par l’État », a expliqué le responsable de l’IGF. Une partie de ces ressources doit être affectée aux investissements nécessaires à la mise en place du nouveau système de contrôle.
Cette précision permet donc de distinguer fonds identifiés et fonds déjà décaissés. Dans le cas des 22 millions de dollars, l’IGF parle de ressources qu’elle prévoit de mobiliser à partir de ses dotations et de sa capacité d’investissement. Il ne s’agit pas, selon les explications fournies par Christophe Bitasimwa, d’un financement extérieur déjà engagé par un bailleur ou d’une subvention internationale déjà versée.
Pour compléter le financement du programme, l’IGF compte principalement sur l’État congolais. L’institution a sollicité l’inscription de crédits d’investissement spécifiques dans le budget de l’État afin de couvrir les besoins qui ne pourront pas être pris en charge par ses ressources propres.
« Les autres sources viendront essentiellement de l’État. Nous avons sollicité l’inscription de crédits d’investissement dans le budget de l’État », a précisé Christophe Bitasimwa.
Le schéma présenté par l’IGF repose donc principalement sur les ressources domestiques. L’institution entend moins dépendre des financements extérieurs pour réaliser cette transformation.
« Nous comptons plus sur les ressources domestiques, et non pas sur les ressources extérieures », a insisté le chef de service.
Cette orientation intervient alors que le nouveau dispositif doit progressivement modifier la manière dont l’IGF surveille les finances publiques. Contrairement aux contrôles ponctuels, le contrôle systémique ambitionne de s’appuyer sur des systèmes d’information interconnectés, l’analyse des données et l’identification des risques afin de détecter plus rapidement les irrégularités dans les circuits financiers publics.
Jean-Baptiste Leni