La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka a effectué, le mardi 3 novembre 2026, une visite de travail au port maritime de Dar es Salaam et au port sec de Kwala, en Tanzanie, avec pour objectif de renforcer la position de la RDC dans les échanges commerciaux régionaux et internationaux.
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de coopération stratégique impulsée par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, avec son homologue tanzanienne, Samia Suluhu Hassan. Lors de leurs rencontres, notamment celles des 17 et 18 août 2026 en Tanzanie, les deux Chefs d’État ont réaffirmé leur volonté de renforcer les connexions économiques et infrastructurelles entre leurs pays, à travers les ports, les réseaux ferroviaires, les routes et le transport lacustre.
Une démarche qui rejoint les objectifs du Programme d’actions du gouvernement (PAG 2024-2028), particulièrement son troisième pilier consacré à la connectivité du territoire.
Une porte d’entrée stratégique pour l’économie congolaise
La visite du port maritime de Dar es Salaam répond à un intérêt économique majeur. Une part importante des marchandises destinées à l’est et au centre-est de la RDC transite par cette infrastructure, l’un des principaux points d’accès maritimes du pays. Plus de 50 % du fret de transit traité par ce port est destiné au marché congolais.
À son arrivée, la Cheffe du gouvernement a tenu une séance de travail avec le ministre tanzanien des Transports, Makame Mbarawa, et l’équipe dirigeante de la Tanzania Ports Authority (TPA). Les discussions ont porté sur l’amélioration de la circulation des marchandises, la fluidification des opérations portuaires et le renforcement de la coopération logistique entre les deux pays.
Judith Suminwa a ensuite visité les installations portuaires afin de s’imprégner de leur fonctionnement et des capacités disponibles pour répondre aux besoins du commerce congolais.
« Nous estimons que nos deux pays ont à gagner à travailler ensemble, que ce soit politiquement ou économiquement. En travaillant ensemble, en ayant un partenariat fort, nous avons tous à gagner », a déclaré la Première Ministre.
Pour la Cheffe du gouvernement, cette coopération doit désormais se traduire par des mécanismes concrets permettant de faciliter les échanges commerciaux et de tirer davantage profit de la proximité géographique entre les deux pays.
45 hectares pour un terminal logistique congolais
Après l’étape du port maritime, la Première ministre a pris le train pour rejoindre Kwala, situé dans le district de Kibaha, dans la région côtière de Tanzanie, à près de 100 kilomètres de Dar es Salaam. Elle y a visité les installations du port sec, une plateforme logistique connectée au réseau ferroviaire à écartement standard, conçue pour faciliter le traitement et l’acheminement des marchandises vers les pays de l’intérieur.
L’un des principaux enjeux de cette visite concerne les 45 hectares mis à la disposition de la RDC par la Tanzanie pour la construction de son propre terminal logistique au sein de cette plateforme.
Le futur port sec offrira à la RDC un espace dédié à la réception, au stockage, au traitement et au dédouanement de ses marchandises avant leur acheminement vers le territoire national. Cette implantation permettra notamment de rapprocher les services logistiques et douaniers congolais du principal point de transit maritime utilisé pour approvisionner l’est du pays.
Elle devrait ainsi contribuer à réduire les délais de traitement, à améliorer le suivi des cargaisons et à limiter les coûts logistiques. Elle facilitera également les exportations congolaises, particulièrement celles des produits miniers, grâce à une meilleure coordination des opérations douanières et migratoires entre les deux pays.
Une vision régionale impulsée par le Chef de l’État
Le projet du port sec de Kwala traduit la volonté du Président Félix Tshisekedi de faire de la coopération avec la Tanzanie un instrument concret d’intégration économique régionale.
L’ambition ne consiste pas uniquement à faciliter l’entrée des marchandises en RDC.
« Nous, la RDC, on va pouvoir avoir un espace pour faire passer les marchandises qui proviennent de l’étranger, qui passent par le port de Dar es Salaam avant d’entrer en RDC. De la même manière, du côté RDC, la Tanzanie va avoir aussi un espace où toutes les exportations qui viennent de la RDC, en particulier les minerais, vont pouvoir passer », a précisé la Première ministre.
Cette organisation logistique va donc permettre aux deux pays de tirer un meilleur profit de leurs échanges, tout en renforçant la maîtrise des flux commerciaux et la mobilisation des recettes publiques.
Corridor de Dar es Salaam, un véritable outil de maîtrise des échanges
La Première ministre était accompagnée du ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, de plusieurs députés nationaux congolais ainsi que du ministre tanzanien des Transports, Makame Mbarawa.
La présence des élus nationaux visait à les associer directement à l’évaluation des infrastructures et aux perspectives de financement du projet, dans un contexte marqué par la session budgétaire au Parlement.
S’exprimant au nom de ses collègues, le député national Berthos Kabey a apprécié l’implication de l’institution parlementaire.
« Aujourd’hui, nous avons salué vraiment cette transparence et le fait que Madame la Première ministre ait pensé à associer directement l’institution parlementaire. Nous serons amenés à mener des plaidoyers au sein du Parlement pour que l’autorité budgétaire puisse penser à une certaine affectation des fonds pour la matérialisation de ces projets », a-t-il déclaré.
La Première ministre entend faire avancer un dossier qui touche directement à la compétitivité économique du pays. L’enjeu est de transformer le corridor de Dar es Salaam, déjà largement utilisé par les opérateurs congolais, en un véritable outil de maîtrise des échanges, de facilitation des exportations et d’intégration de la RDC dans l’économie régionale.
Bienvenu Ipan