Le président américain Donald Trump a notifié ce lundi 2 novembre au Congrès, ainsi qu'aux gouvernements du Rwanda et de l'Afrique du Sud, son intention d'exclure ces deux pays de l'African Growth and Opportunity Act (AGOA) à compter du 1er janvier 2027. Ce programme permet à des pays d'Afrique subsaharienne d'exporter de nombreux produits vers les États-Unis sans droits de douane.
La décision fait suite à la revue annuelle d'éligibilité conduite par le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR). « Sur la base de cette revue, le président Trump a constaté que les gouvernements du Rwanda et de l'Afrique du Sud se livrent à des pratiques incompatibles avec les critères d'éligibilité de l'AGOA », a déclaré l'ambassadeur Jamieson Greer. Parmi ces pratiques, il cite des barrières qui pénalisent le commerce et les investissements américains, ainsi que des agissements qui menacent la sécurité nationale et les intérêts de politique étrangère des États-Unis dans la région.
Pour le Rwanda, Washington dresse une liste particulièrement lourde de griefs : entraves au commerce et à l'investissement, État de droit, pluralisme politique, droits des travailleurs, droits humains et menaces contre les intérêts américains. L'Afrique du Sud se voit reprocher des barrières commerciales, la corruption et des menaces pour la sécurité nationale américaine.
Cette annonce intervient quelques jours après la déclaration du Groupe de contact international pour les Grands Lacs, dont les États-Unis sont membres. Le 30 octobre, ce groupe a rappelé l'exigence de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l'ONU : les Forces de défense rwandaises doivent cesser leur soutien à l'AFC/M23 et se retirer du territoire congolais sans conditions. L'administration Trump affirme toutefois vouloir travailler avec ses partenaires africains pour qu'ils prennent les mesures nécessaires afin de satisfaire de nouveau aux critères du programme.