Contrat Semlex : Jean-Claude Mputu accuse le pouvoir Tshisekedi de maintenir un système opaque

Passeport biométrique
PAR Deskeco - , Dans Corruption

 

L’affaire Semlex revient au-devant de la scène judiciaire en Belgique, où l’entreprise belge et plusieurs autres prévenus doivent répondre de faits présumés de corruption, de blanchiment et de fraude fiscale liés au contrat de production des passeports biométriques congolais. 

Lors d’un live Space organisé sur X organisé par Stanis Bujakera, Jean-Claude Mputu, porte-parole de la coalition Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV), a estimé que cette affaire révèle surtout la persistance d’un système marqué par l’opacité dans la gestion des contrats publics en République démocratique du Congo.

Selon Jean-Claude Mputu, la fin annoncée du contrat Semlex en 2020 aurait dû permettre aux autorités congolaises de tourner définitivement la page. À cette époque, la coalition CNPAV avait publiquement réclamé la non-reconduction du contrat et saisi la justice commerciale pour demander son annulation.

Mais, affirme-t-il, le gouvernement congolais aurait finalement négocié, « dans le plus grand secret », la prolongation du dispositif avec Osiproc, une filiale de Semlex. Une situation que le porte-parole du CNPAV qualifie à l’époque d’« amateurisme au sommet de l’État », estimant que les autorités n’avaient pas suffisamment anticipé la recherche d’une alternative.

La principale concession obtenue aurait été la réduction du prix du passeport, passé de 185 à 100 dollars américains. Une baisse présentée comme une avancée pour les citoyens, mais que Mputu relativise. Selon lui, cette mesure n’aurait pas remis fondamentalement en cause le modèle économique dénoncé par la société civile.

Plus préoccupant encore, poursuit-il, le contrat initialement prévu pour une année aurait été prolongé jusqu’en 2025, sans publication d’un nouveau texte permettant au public d’en connaître les conditions. Jean-Claude Mputu affirme également qu’un nouveau contrat signé en 2025 demeure, lui aussi, entouré d’opacité.

Pour le porte-parole du CNPAV, le changement de période politique n’aurait donc pas entraîné de véritable rupture avec les pratiques dénoncées. Il parle plutôt d’une « continuité du système, avec peut-être moins de gourmandise ».

Mputu établit également un parallèle avec le dossier de la taxe RAM, estimant que dans cette affaire, l’État avait directement prélevé des sommes auprès des utilisateurs de téléphones.

Ces accusations interviennent alors que le dossier Semlex connaît une nouvelle étape importante en Belgique. L’entreprise est appelée à répondre devant la justice belge dans une procédure portant notamment sur des faits présumés de corruption d’agents publics étrangers, ainsi que sur des faits présumés de blanchiment et de fraude fiscale.

Pour le CNPAV, cette procédure judiciaire constitue ainsi l’aboutissement d’une mobilisation engagée depuis mai 2020. À cette date, 51 citoyens congolais s’étaient constitués parties civiles devant la justice belge, avec le soutien de la coalition.

Au-delà du cas Semlex, cette affaire pose à nouveau la question de la transparence dans la conclusion, l’exécution et la reconduction des contrats publics en RDC.

Divine Mbala

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