La Sentinelle des Ressources Naturelles se félicite de la signature de l'arrêté ministériel instituant le Registre des bénéficiaires effectifs en République démocratique du Congo. Si l'organisation y voit une avancée majeure pour la transparence financière, elle estime que l'efficacité de cette réforme dépendra avant tout de son application.
Dans un communiqué ce 29 juillet, La Sentinelle des Ressources Naturelles a salué la signature de l'arrêté ministériel n°278 du 8 juillet 2026 portant création du Registre des bénéficiaires effectifs, un mécanisme destiné à identifier les véritables propriétaires des entreprises opérant dans le pays.
Pour cette organisation de la société civile, cette réforme consolide le cadre juridique mis en place ces dernières années pour lutter contre le blanchiment de capitaux, la corruption et les flux financiers illicites.
Un levier de transparence
Selon La Sentinelle, l'absence d'un mécanisme d'identification des bénéficiaires effectifs a longtemps favorisé « une opacité propice aux conflits d'intérêts, à la corruption, au blanchiment de capitaux, à l'évasion fiscale et à la dissimulation d'actifs ».
L'organisation rappelle avoir plaidé, dès le 31 mars dernier, pour la création d'un tel registre. Elle estime que l'arrêté ministériel vient désormais préciser les modalités d'organisation et de fonctionnement du dispositif.
Pour autant, elle prévient que « la signature de l'arrêté ne constitue qu'une étape du processus » et que « les bénéfices attendus de cette réforme dépendront essentiellement de son application effective ».
Un enjeu stratégique pour le secteur extractif
Pour l'ONG, le registre revêt une importance particulière dans les industries extractives, où l'identification des bénéficiaires effectifs devrait permettre de prévenir les conflits d'intérêts dans l'attribution des droits miniers, pétroliers et forestiers, tout en renforçant la redevabilité des entreprises.
Elle estime également que ce mécanisme contribuera à améliorer la confiance des investisseurs, à faciliter les enquêtes financières et à renforcer l'intégrité du climat des affaires en République démocratique du Congo.
Accélérer l'opérationnalisation
Au-delà de l'adoption de l'arrêté, La Sentinelle appelle le gouvernement à accélérer l'opérationnalisation du registre. Elle recommande notamment la mise en place de mécanismes efficaces de contrôle et de vérification des informations déclarées, le renforcement des capacités des administrations compétentes ainsi que l'application effective des sanctions prévues en cas de fausse déclaration ou de non-déclaration.
L'organisation exhorte enfin les entreprises à respecter leurs nouvelles obligations de transparence, estimant qu'une déclaration complète, exacte et régulièrement actualisée des bénéficiaires effectifs contribuera à renforcer la sécurité juridique des transactions et la confiance des investisseurs.
César Olombo