RDC : Antonio Guterres appelle à renforcer la transformation locale des minerais pour que les pays producteurs captent davantage de valeur

Antonio Guterres, Sécretaire Général des Nations-Unies
Antonio Guterres, Sécretaire Général des Nations-Unies
PAR Deskeco - 24 juil 2026 15:51, Dans Actualités

Dans son intervention lors d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée aux ressources naturelles et à la paix, présidée par la RDC, le chef de l'Onu a insisté sur la nécessité de revoir le modèle actuel d'exploitation des ressources naturelles, particulièrement dans les pays producteurs africains. Il estime que les richesses minières doivent davantage contribuer au développement des États et des communautés qui vivent sur les territoires où elles sont extraites. 

Cette question revêt une importance particulière pour la RDC, l'un des principaux producteurs mondiaux de cuivre et de cobalt, deux minerais essentiels à la transition énergétique et aux nouvelles technologies.

« Il est temps de rompre avec ce schéma ancien où les ressources sont extraites, où la valeur est captée ailleurs et où les communautés pauvres sont laissées seules face aux dommages environnementaux et socio-économiques. Il est également temps de réduire l'écart entre la souveraineté reconnue aux États sur leurs ressources naturelles et leurs droits souverains dans la pratique », a déclaré Antonio Guterres.

Le secrétaire général des Nations unies considère que la seule extraction des minerais ne permet pas aux pays producteurs de bénéficier pleinement de leurs richesses. Il préconise notamment le développement de la transformation et du raffinage locaux, ainsi que la création de chaînes de valeur permettant aux États producteurs de conserver une part plus importante des revenus générés par leurs ressources.

« Les pays et les communautés doivent bénéficier, en premier lieu et surtout, des ressources présentes sur leurs propres territoires. C'est pourquoi les Nations unies soutiennent les autorités nationales dans le renforcement de la gouvernance et des institutions, l'amélioration des cadres réglementaires et la mise en place de conditions permettant aux minerais de contribuer au développement et à la consolidation de la paix », a expliqué Antonio Guterres.

Pour la RDC, cette orientation rejoint les discussions engagées depuis plusieurs années autour de la transformation locale du cuivre, du cobalt et d'autres minerais critiques. Le pays cherche notamment à développer des activités de raffinage, de transformation et, à terme, de fabrication de produits à plus forte valeur ajoutée. Antonio Guterres a également souligné la nécessité pour les États producteurs de disposer de capacités suffisantes pour négocier des accords miniers équitables et mieux gérer les recettes issues de leurs ressources.

« Nous soutenons également les efforts visant à renforcer les capacités nationales pour négocier des accords miniers équitables, développer la transformation et le raffinage locaux, gérer les recettes publiques et réduire les effets sociaux et environnementaux négatifs. La gouvernance responsable des ressources naturelles doit permettre aux pays producteurs de conserver davantage de valeur et aux communautés concernées de bénéficier concrètement de ces richesses », a-t-il ajouté.

Un déficit de souveraineté à corriger

Le secrétaire général de l'ONU a par ailleurs évoqué les difficultés particulières rencontrées par plusieurs pays africains dans la gestion de leurs ressources naturelles. Il estime que les conséquences historiques du colonialisme, combinées aux difficultés de gouvernance, ont souvent placé les États producteurs dans une position défavorable face aux acteurs internationaux.

« Nulle part ce déficit de souveraineté n'est plus large qu'en Afrique, où les conséquences persistantes du colonialisme, auxquelles s'ajoutent les difficultés de gouvernance, placent les États dans une position défavorable lorsqu'ils cherchent à capter ou à réinvestir la valeur de leurs ressources naturelles », a-t-il déclaré.

Antonio Guterres a cité plusieurs pistes pouvant permettre de faire évoluer cette situation, notamment les investissements responsables, la mise en place de chaînes de valeur équitables, la transformation locale, la transparence et le respect des normes environnementales et des droits humains. Il a également indiqué que les Nations unies travaillent avec plusieurs pays, dont la RDC, pour renforcer les capacités nationales dans ces domaines.

« La transformation du modèle d'exploitation des ressources naturelles doit garantir qu'une part beaucoup plus importante de la valeur ajoutée reste dans les pays producteurs et au bénéfice des communautés concernées. Les ressources naturelles doivent être gérées de manière à financer un développement inclusif et durable, à renforcer les institutions et à faire progresser la paix et la prospérité pour tous », a insisté le secrétaire général.

Pour Antonio Guterres, la question minière ne doit donc pas être abordée uniquement sous l'angle de la sécurité ou des conflits. Elle doit également être considérée comme une opportunité de développement économique, à condition que les États disposent des moyens nécessaires pour mieux gérer leurs ressources et que les populations locales puissent bénéficier des retombées de leur exploitation.

Jean-Baptiste Leni 

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