Après une évaluation sans complaisance faite le jeudi 17 septembre 2026, une année après sa mise en place, le Cadre permanent de concertation entre les pouvoirs publics et le secteur privé en République démocratique du Congo n'a pas donné lieu aux réformes concrètes escomptées au sein de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC).
En présence de la Première ministre Judith Suminwa et de plusieurs membres du gouvernement, le président national de la FEC, Robert Malumba, a appelé le gouvernement à une mise en œuvre effective des engagements pris lors de ce dialogue. Il a lancé cet appel à la faveur d'une cérémonie marquant la rentrée économique 2026 placée sous le thème : « RDC 2027 : pouvoirs publics et secteur privé-évaluer les réformes, consolider les engagements et accélérer la transformation de l’économie ».
« Une année s’est écoulée. Dès lors, la question qui doit désormais nous réunir n’est plus seulement de savoir que faut-il faire ? Mais plutôt qu’avons-nous effectivement accompli depuis lors, quels engagements ont été concrétisés et, surtout, qu’est-ce qui a réellement changé dans la vie quotidienne de nos entreprises ?C’est cette question qui doit guider notre Rentrée économique 2026. Car une réforme ne saurait se mesurer au nombre de réunions organisées, de textes adoptés ou d’engagements annoncés; une réforme économique se mesure avant tout à ses effets concrets sur l’activité des entreprises et sur l’économie nationale », a déclaré le président national de la FEC.
M.Robert Malumba a évoqué plusieurs préoccupations soumises au gouvernement le 20 mai 2026 et qui demeurent "sans solution effective". Il a cité notamment la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) appliquée à l’huile de palme produite localement, l’application du taux réduit de 1 % de la TVA sur les intrants agro-industriels dans le système SYDONIA, le règlement de la dette publique intérieure, les retards dans le remboursement des crédits de la TVA, l’imposition des indemnités de logement et de l’accès des petites et moyennes entreprises au financement.
Faire du Cadre permanent de concertation un véritable mécanisme de suivi-évaluation et de redevabilité
Dans le secteur minier, la FEC a cité le mode de calcul du solde de l’impôt sur les bénéfices et profits, la détermination de la base imposable des redevances et frais à l’exportation, ainsi que l’envahissement des concessions minières, les vols de minerais et l’exploitation artisanale illégale.
À ces préoccupations s’ajoutent le relèvement de la TVA de 1 à 8 % sur certains produits de première nécessité, introduit par la loi de finances rectificative 2026, et l’augmentation de la taxe d’extraction applicable aux produits de carrières. Selon les informations rapportées par la FEC, cette taxe serait passée de 0,8 à 3 dollars la tonne.
Dans la foulée, Robert Malumba a demandé que le Cadre permanent de concertation devienne un véritable mécanisme de suivi, d’évaluation et de redevabilité. Pour le monde des affaires, chaque décision devrait être exécutée dans un délai clairement défini et évalué à l’aune de ses résultats.
Le patronat congolais a par ailleurs relevé que les entreprises de droit congolais ne détiendraient qu’environ 3 % du marché du transport routier dans la zone Sud-Est, contre 97 % pour les entreprises dont les véhicules sont immatriculés à l’étranger. La FEC réclame, à ce titre, la rationalisation des péages, la réduction des tarifs et l’instauration d’un régime préférentiel pour les véhicules sous plaques congolaises.
« La FEC demeure convaincue que la célérité dans l’exécution des décisions est un facteur déterminant pour la compétitivité des entreprises. Une mise en œuvre rapide des engagements convenus permet de préserver l’investissement, de soutenir l’activité économique et de renforcer durablement la confiance entre les pouvoirs publics et le secteur privé », a insisté Robert Malumba.
Le patronat congolais a tout de même salué plusieurs avancées enregistrées dans le cadre permanent de concertation entre le gouvernement et le secteur privé, notamment sur la question du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), la suppression du péage de Kaniaka, la résolution de la crise au sein de la Congolaise des voies maritimes et l’harmonisation des vues sur la facture normalisée.
Bienvenu Ipan