Dans le cadre de la mise en œuvre du projet Monacosat, un programme satellitaire visant à permettre la connectivité notamment des milieux ruraux et à réduire la fracture numérique en République démocratique du Congo (RDC), le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, s’est entretenu ce jeudi 28 août avec une délégation conduite par la directrice générale de Fidelity Bank, Nneka Onyeali-Ikpe.
« Cette initiative ambitionne de faciliter l’accès à Internet à haut débit sur l’ensemble du territoire, en particulier dans les zones rurales et enclavées où les infrastructures de télécommunication demeurent insuffisantes », renseigne le service de communication du ministre de l’Économie numérique.
Fidelity Bank s’est engagée à renforcer l’inclusion financière et à soutenir le financement de projets innovants dans le domaine du numérique.
La mise en œuvre de ce programme, dont le protocole d’accord a été signé en novembre 2024, va permettre à la RDC de « rattraper son retard dans le domaine des télécommunications et de s’aligner sur les standards technologiques internationaux », précise le service de communication du ministère de l’Économie numérique.
« Outre l’amélioration de la connectivité, il permettra également de renforcer la cybersécurité, de développer l’enseignement à distance, d’améliorer la télémédecine et de stimuler la croissance de l’économie digitale », indique Joseph Mamba, proche collaborateur du ministre Kibassa.
Lors d’un conseil de rédaction le vendredi 20 juin dernier, Félix Tshisekedi, président de la RDC, avait engagé le gouvernement à redoubler d’efforts pour réduire la fracture numérique dans le pays en rendant Internet accessible à une plus grande partie de la population. Selon Félix Tshisekedi, cela devrait se faire en partenariat avec les entreprises offrant des solutions d’accès accru à Internet, afin de générer de nouvelles opportunités d’emploi, favoriser l’entrepreneuriat technologique et améliorer l’efficacité des services publics, qui continuent de souffrir de leur faible digitalisation.
En 2023, seuls 30,79 % des Congolais avaient accès à Internet mobile, et moins de 0,02 % bénéficiaient d’un accès fixe. Le 18 février 2025, Augustin Kibassa Maliba, alors ministre des Postes, télécommunications et nouvelles technologies de l’information et de la communication (PTNTIC), avait révélé qu’un seul tiers du territoire national congolais était alors connecté à Internet.
D’après lui, le taux de pénétration des télécommunications a augmenté de 15 % en RDC depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, passant de 47 % en 2019 à 62 % en 2024.
Le taux de pénétration d’Internet a, quant à lui, atteint 33 % en 2024, contre 16 % en 2019, soit une progression de 17 %.
Pour améliorer la connectivité, le gouvernement s’est doté du Plan national numérique Horizon 2025 pour contourner les contraintes d’infrastructures physiques et ainsi combler plus vite ce retard. Dans cette optique, le gouvernement a autorisé en mai dernier Starlink, géant américain de la tech et filiale de SpaceX, à opérer dans le pays en tant que fournisseur d’accès à Internet. L’accord avec Monaco Sat s’inscrit également dans cette logique.
Bruno Nsaka