Les remèdes socio-économiques aideraient à réduire les rivalités ethniques à l’Est de la RDC (Tribune de Jo Sekimonyo)

jo sekimonyo
PAR Deskeco - 04 mai 2020, Dans Analyses

C’est agaçant, l’attention minime donnée aux facteurs socio-économiques qui incitent les troubles civils, tandis que les grognes politico-ethniques sont instantanément dénigrées comme leurs causes. Et pourtant dans les pays en développement les coûts de la guerre sont généralement moins élevés que dans les pays développés, les évidences alertes que la pauvreté accroit les risques qu’une simple lamentation sociale ou économique s’enflamme à des pertes de vie humaine colossale. La Belgique présente le même degré de division ethnique et à peu près la même taille de population et superficie que le Burundi. Ce qui différencie entre les deux nations est le niveau de revenu et de mobilité (le sentiment d'avoir la chance de faire mieux).

Toutefois, et encore une fois, il convient de noter que dans l'Est, il existe deux types de voisins : la Tanzanie et la Zambie qui ont adopté une position commerciale plus non envahissante, et, il y a l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi par leur myopie politique pour laquelle la préservation de l’ordre dans leurs pyramide ethnique prime sur l'évolution sociale et la croissance économique de leurs nations et de leurs voisins. Dans le cas de la RDC, les trois nations sont loin d’être un jour de partenaires commerciaux capital comme la Zambie. Ils se sont érigés en un mur épais qui freine sur sa croissance économique. 

Pendant que le monde s'inquiète de l'implication de la pandémie covid-19 sur l'économie mondiale et l'incapacité congolaise à faire quoi que ce soit si la maladie se répand très vite en RDC, surtout dans l'Est, il est hautement irresponsable, sinon immature ou méprisable, que le gouvernement rwandais lance une campagne pour liquider leurs soi-disant ennemis jurés et demi-frères en RDC, et que la contrepartie congolaise l'approuve. Peu importe que ce soit des commandos du président Rwandais, un Tutsi, envoyés en RDC ou le groupe rebelle hutu Rwandais qui se cache à la vue en RDC qui ont massacré des unités des gardes du parc des Virunga, nous, congolais, ne devrions pas tolérer ou pire approuver que des violents rivaux viennent régler leurs comptes dans notre pays.

En tant qu’analyste social, l'Est de la RDC est une région enchanteresse car les intrigues régionales et nationales continuent d'accumuler des cadavres et de maintenir les tensions tribales. Etant culturellement originaire de l’Est de la RDC, un congolais hutu, chaque fois que l'ombre de la querelle ethnique rwandaise mène à la mort des Congolais à l’Est de la RDC, contrairement à d'autres congolais à Kinshasa, il est difficile de ne pas grincer des dents. Je ne peux m'empêcher de penser à mon propre grand-père qui est toujours enterré dans une fosse commune non loin du bouillant marché du village comme beaucoup d’autres dont la vie s’est inutilement éclipsée pour des raisons qui me sont et me seront toujours ingérables.

Outre la paresse émotionnelle congolaise répandue, il est injustifiable mais explicable que les congolais en général ne semble se soucier de tueries à Rutshuru ou à Masisi parce que leurs représentants politiques et sociaux de coin, au niveau national et provincial, n’osent dénoncer l'insécurité sociale et économique qui prévaut et qui continue à empiler le nombre des cadavres dans leur circonscription. C’est ainsi qu’aux yeux du reste de la nation, sinon du monde, la passivité de ceux qui s’érigent en leurs leaders fait d'eux et de leurs électeurs des complices directs ou indirects de leurs malheurs.

Les hypothèses qui définissent les décisions pour paralyser l’appareil à dévorer des vies humaines dans à l’Est de la RDC qui exige d’user un plus grand feu pour éteindre un petit feu sont soutenues que par des instincts primitifs plutôt qu'une induction logique indépendante. La persistance de cette stratégie ne fait qu’alourdir les nombres des morts et le cout social et économique en RDC et tourne en stupide les congolais qui ne cessent de prêcher l'intégration régionale.

Même avec un autre poids de scepticisme forgé par la paranoïa autour de covid-19 qui s’est ajouté aux défis, on devrait orchestrer une expérience ardente d’édition de gêne sociale à l’Est de la RDC, privilégiant les solutions économiques à long terme plutôt que les slogans politiques. Les remèdes socio-économiques aideraient à créer une société meilleure et à réduire les rivalités inutiles ethniques. Lors de la conception et de la mise en œuvre de politiques économiques, les pseudos entrepreneurs ethniques ne doivent pas être encouragés car ils entravent la notion d'unité nationale et de croissance économique. Kinshasa démontre combien une hétérogénéité culturelle est plus possible et surtout bénéfique à toute la nation.

Enfin d’inciter un dialogue sur cette voie, voici des suggestions pour attirer l’Ouest vers l’Est et générer une nouvelle symbiose sociale, politique et économique :

Réforme économique :

Relocaliser le Conseil Economique et Social à l'Est afin de démilitariser nos solutions - Revoir le code minier, les redevances versées au gouvernement central et les recettes fiscales à l'administration locale - Augmenter le salaire minimum $1 l’heure - Adopter l'anglais comme langue officielle (non seulement parce que les nations voisines de l'Est parlent anglais, mais l'anglais est la langue mondiale).

Réforme sociale :

Réorienter l'ensemble du système d’enseignement - Déduction fiscale pour les bourses d'études et bourses de recherche par les entreprises – Etablir le minimum de pension de retraite à $800 par mois - Eliminer les structures coutumières de la nomenclature administrative et sociale.

Réforme politique :

Referendum pour le recollement des provinces à l’Est sous une autre forme que celui hérite de la colonisation - Décentraliser la Commission électorale - Organiser des élections locales.

A ce point, il y a deux résolutions à adopter pour mettre fin à cet antagonisme qui se révèle loin beaucoup plus ethnique au Rwanda et au Burundi, en plus de celui qui existe entre les deux exiguës nations, qui est à la fois primitif et abominable. Cependant, cette rivalité barbare est un frein pour le développement social et économique de toute l’Afrique subsaharienne. D’une part, la RDC et la Tanzanie doit imposer la paix aux Rwandais, aux Ougandais et aux Burundais usant un peu de la carotte mais beaucoup plus du fouet économique. Et d’autre part, la RDC doit accorder la citoyenneté congolaise aux membres des groupes armés étrangers tel que le FLDR. Cela mettra ses membres sous la juridiction directe de la RDC avec tous les droits et obligations en tant que citoyens de cette nation, au lieu de les poser sous une bannière de groupes armes étrangères qui fournit une excuse pour conserver leurs armes à feu et l’user comme fonds de commerce. Les implications nationales et transnationales complexes de ce dernier est une autre longue articulation.

Je ne pleure pas Beni, Ituri, Uvira, Rutshuru ou le Katanga parce que j’ai des amis et des complices qui résident là-bas qui me sont très chers. Plutôt, je reconnais à quel point l'écosystème malodorant qui existe partout en RDC mais je déplore plus celui à l'Est étant plus meurtrier qu'ailleurs. On ne peut tolérer la tragédie des uns aussi lointain que cela semble être de nos yeux et oreilles puisque cela nous retarde tous au rendez-vous avec le XXIe siècle. Pour être clair, toutes les institutions de la République doivent orchestrer des initiatives d’économie sociale et politique clés pour le bien-être de tous les citoyens congolais de notre pays. Notre gouvernement doit très vite raccommoder l’audace nationale endommagée afin de mettre nos intérêts de la sécurité nationale en premier avant tout autre nation et imposer notre agenda social et économique à nos voisins étant donné que la paix et développement social et économique durable de toute la région d’Afrique subsaharienne en dépend. Mettons en moins de malignité mais un peu de plus de volonté et sincérité quand on chante « le peuple d’abord » !!!!

Jo M. Sekimonyo

 
 

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