Coronavirus dans le monde : une opportunité pour la RDC d’investir dans la production locale

capitale
PAR Deskeco - 12 mar 2020, Dans Analyses

L’épidémie au nouveau coronavirus a déjà affecté les quatre principaux partenaires économiques de la République démocratique du Congo à savoir la Chine, l’Union européenne, les Etats-Unis et l’Afrique du Sud. Tout aussi, bien d’autres pays monde avec qui la RDC commerce sont affectés par cette maladie que l’Organisation mondiale de la Santé qualifie désormais de « pandémie » au nouveau coronavirus dans le monde. La RDC vient de détecter son premier cas au coronavirus le 18 mars.

Le monde entier est en alerte et se prépare pour amortir le choc lié à la propagation de cette maladie et surtout aux impacts négatifs sur l’économie mondiale. Chaque pays essaie, à son niveau, de prendre des mesures non seulement pour endiguer la maladie et éviter la propagation mais aussi de protéger son économie face aux chocs exogènes.

Les institutions de Bretton Woods, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, ne sont pas en reste. Bien au contraire, elles sont en alerte. Le FMI disponibilise jusqu’à 50 milliards USD dont 10 milliards USD spécialement pour les pays en développement comme la RDC. Quant à la Banque mondiale, elle débloqué 12 milliards USD pour aider les pays membres à se prémunir des effets du coronavirus.

Autant dire que cette urgence sanitaire de portée internationale est prise au sérieux par tous les pays du monde. La RDC ne peut pas faire exception et devrait tirer les leçons qui s’imposent. Etant une économie extravertie, la RDC produit ce qu’elle ne consomme pas. Toute sa production des matières premières particulièrement les minerais et le pétrole brut sont destinés à l’exportation. De même, le pays importe ce qu’il consomme le plus et ce qu’il ne produit pas localement à savoir les produits manufacturés et alimentaires.

En 2019 les exportations de la RDC se sont élevées à 15 milliards 31,3 millions USD en 2019 contre  15 milliards 966,8 millions USD en 2018, soit une baisse de 5,9%, selon la Banque centrale du Congo. Les produits miniers et hydrocarbures représentent plus de 90 % des recettes d’exportation de la RDC. Quant aux importations, elles sont évaluées à 14 milliards 631, 7millions USD au cours de l’exercice 2019 contre 14 milliards USD 972 millions USD l’année précédente, une baisse de 2,3 % par rapport à l’année précédente, selon le même rapport.  En 2019, la RDC a importé des biens de consommations pour 3,667 milliards USD, des biens d’équipements pour 6,322 milliards USD, des matières premières et semi-produits pour 3,573 milliards USD.

Il est temps que la RDC, qui reste un pays à vocation agricole, se tourne vers la terre dite « richesse des nations » pour cultiver à quantité industrielle tous les produits de grande consommation. Doté de plus de 80 millions d’hectares de terres arables non sans compter les 40 millions des terres irrigables, le Congo Kinshasa a tous les atouts pour atteindre dans un bref délai son autosuffisance alimentaire et devenir le grenier de l’Afrique.

Le riz, le maïs, le sucre, les produits surgelés et autres produits céréaliers sont importés en masse pour la consommation quotidienne de 85 millions des Congolais. Un paradoxe que le gouvernement peut changer simplement en changeant de modèle économique.  Par des gros investissements dans l’agroalimentaire et dans l’industrie de transformation, Kinshasa peut diversifier sa production et ne plus être dépendant du monde pour l’essentiel de ce qui est consommé par sa population.

Si cette pandémie au nouveau coronavirus perdure, elle va affecter considérablement l’économie mondiale et particulièrement les pays fragiles économiquement comme la RDC. Dès lors, cette énième crise de portée mondiale doit être une opportunité pour les dirigeants Congolais de changer le fusil d’épaule et de miser sur la production locale, en priorisant l’agriculture et l’industrialisation. La RDC gagnerait sur tous les plans : réduction massive du chômage, émergence de l’industrie locale, croissance économique, souveraineté alimentaire, développement du capital humain.

Amédée Mwarabu

 
 

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