RDC : L'hypothèse d'un budget de 10 milliards USD impose la mise en œuvre des réformes

PAR Deskeco - 14 oct 2019, Dans Actualités

Lors de la réunion extraordinaire du Conseil des Ministres du vendredi 11 octobre sous la présidence du chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, le gouvernement a évoqué "l'hypothèse d'un budget de 10 milliards USD" pour l'exercice 2020.

Il y a une semaine, lors du conseil des ministres du 4 octobre, le même gouvernement tablait encore sur un budget de 7,0 milliards USD en recettes et en dépenses. Ce qui a provoqué des critiques de toute part au regard des défis qui se posent pour le développement de la RDC et surtout tenant compte des promesses faites par le président de la République pour mettre en œuvre son programme quinquennal, "le peuple d’abord ".

Qu'à cela n'a tienne. Le gouvernement veut désormais proposer un Projet de Budget qui serait en phase avec les attentes du peuple qui attend le changement notamment dans le panier de la ménagère et l'assiette de chaque Congolais. D'où ce virage à 180° où l'Exécutif national ambitionne de porter non pas de 14,57% mais d'environ 50% carrément le taux d'accroissement du budget 2020 par rapport à 2019. Ce qui serait un exploit qu'aucun gouvernement n'a fait ces dernières années.

Pour autant, tous les spécialistes s'accordent à dire que la République démocratique du Congo a encore plusieurs marges pour accroître son budget. Cet accroissement de budget ne nécessite que quelques réformes déjà arrêtées d'ailleurs par les gouvernements précédents mais qui n'ont jamais été mises en oeuvre par manque de volonté politique mais surtout pour perpétuer le système de corruption.

A (Re) lire: https://deskeco.com/rdc-le-gouvernement-examine-les-mesures-dencadrement-des-recettes-pour-ameliorer-la-loi-des-finances-2020/

Certes, le point du part de l'accroissement de la loi des Finances 2020 est l'élargissement de l'assiette fiscale. La pression fiscale en République démocratique du Congo est en deçà de 10%, soit à peine 9%, alors que la moyenne africaine est de 20%. Il existe encore bien d'opérateurs économiques formels et informels qui ne sont pas encore fiscalisés, soit par l'absence de la présence des structures de collecte d'impôts et taxes dans certains coins du pays soit tout simplement parce que le pouvoir public reste indifférent à collecter certaines taxes et impôts dus à l'État à certains endroits.

Plusieurs postes frontaliers ne sont pas encore dotés de la logistique nécessaire pour la collecte des taxes, laissant ainsi des fictifs collecter à la tête du client et à leur propre compte l'argent dû à l'Etat.

Bien plus, les "28 mesures d'urgence" arrêtées sous le gouvernement Matata Ponyo en janvier 2016 pour stabiliser et relancer l'économie nationale sont toujours d'actualité. Ces mesures contiennent notamment des réformes qui n'ont jamais été operationnalisées à ce jour.

A (Re) lire : https://deskeco.com/rdc-le-gouvernement-ilunkamba-contraint-de-mettre-en-oeuvre-les-28-mesures-durgence-de-matata-ponyo/

L'informatisation générale de tous les services de perception d'impôts et taxes reste un moyen efficace de canaliser les fonds publics vers le Trésor et par ricochet d'accroître les revenus de l'Etat. De même, l' identification et le recensement d'opérateurs évoluant dans l'informel est une action majeure pour l'accroissement des revenus publics.

La suppression de toutes les exonérations sans base légale permettrait à L'Etat de maximiser ses recettes. Tout autant, l'état devrait identifier toutes les entreprises minières qui ne sont plus éligibles aux régimes d'exception.

Amédée MK 

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