RDC : Félix Tshisekedi face au vaste chantier du numérique

PAR Deskeco - 15 aoû 2019, Dans Actualités

Un Plan national du Numérique pour la République démocratique du Congo sera validé début septembre par les experts à l’occasion d’un atelier organisé par la présidence de la République. Une initiative louable sans nul doute. Cependant, le chef de l’Etat a-t-il vraiment le moyen de concrétiser ce Plan national du Numérique ? Au regard des préalables, c’e n’est pas demain la veille que la RDC pourra rendre le numérique accessible à la majorité des Congolais.

La première marche de la validation du « Plan national du Numérique » a été franchie le lundi 12 août avec la remise du « draft 0 » par le Conseiller Spécial en charge du Numérique, Dominique Migisha, au président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Cette remise symbolique de ce document précieux au chef de l’Etat ouvre la voie aux discutions prévues du 3 au 5 septembre 2019 dans le cadre de l’atelier de validation lors du Plan national du Numérique. Initiative de la présidence de la République, cet atelier va connaitre la participation d’environ 250 délégués issus de milieux divers : secteur du numérique, entreprises publiques et privées, milieux universitaires et de la recherche. Il est attendu également la participation des géants du numérique dont Facebook non sans compter des partenaires techniques et financiers.

Faire du numérique un vecteur de développement

Ce Plan constitue une feuille de route pour la promotion du numérique en RDC en vue de l’émergence économique du géant Congo. Selon ses concepteurs, le Plan National du Numérique poursuit entre autres objectifs : « Moderniser l’administration et mutualiser les ressources et les infrastructures pour permettre de réaliser des gains significatifs en termes d’efficacité et d’efficience à travers une plateforme numérique ; Permettre aux citoyens et aux entreprises d’interagir en ligne avec l’Administration Publique et les partenaires ; Offrir aux usagers des services de meilleure qualité en leur permettant de réduire les coûts et les délais et en leur garantissant un maximum de transparence ; Faire du Numérique un vecteur du développement économique et humain, une source de productivité et de valeur ajoutée pour les autres secteurs économiques et pour l’Administration publique ; Positionner la RDC comme un hub technologique sous-régional ; Réduire sensiblement la corruption et l’évasion fiscale ».

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Bien plus, le Plan du Numérique va reposer sur 4 piliers à savoir : « les infrastructures, la production et l’hébergement du contenu, les usages applicatifs, la gouvernance et la régulation ».

Certes, tous ces objectifs rentrent en droite ligne avec le projet de société du chef de l’Etat qui ambitionne d’imprimer les jalons nécessaires pour le développement de la République démocratique du Congo durant son premier quinquennat. Cependant, il y a lieu de se demander si Félix Tshisekedi a les moyens de concrétiser ce Plan national du Numérique quand on sait que les défis qui l’attendent sont divers, nombreux et surtout urgents.

En effet, à l’analyse des préalables nécessaires à la promotion des nouvelles technologies de l’information et de la communication, il s’avère que la seule volonté politique n’est pas suffisante pour rendre effectif la numérisation dans un vaste pays comme la RDC qui manque de tout en commençant par les infrastructures de base.

Lors d’une conférence d’échange organisée le 26 juillet à Kinshasa par Congo Business Network sur le thème « Écosystème numérique : Quelles doivent être les priorités pour émerger la Tech congolaise ? », les experts avaient relevé plusieurs priorités pour promouvoir les nouvelles technologies de l’information et de la communication en RDC.

Ces priorités vont de l'amélioration du taux d'accès à l’électricité en RDC à faire de l'Etat congolais le premier consommateur des NTIC en passant par la baisse du coût de connexion internet, démocratisation des services de base, l'exonération à l'importation des NTIC, à la réforme de l’université pour qu’elle soit en mesure de fournir les compétences requises dans le secteur de la Tech aujourd’hui, la promotion des startups du numérique à travers la création d’un Fonds destiné à doter un capital d’amorçage aux jeunes entrepreneurs ou encore la réforme du système éducatif de base afin d’inculquer dès le bas âge la culture de l’internet aux enfants congolais.

En ce qui concerne juste l’amélioration du taux d’accès à l’électricité, c’est un vaste chantier qui nécessite des gros investissements. Sans énergie, on ne peut pas booster la Tech dans le pays. Selon le Pnud, pour financer le plan de l’énergie pour tous en RDC, il faut 66,76 milliards USD. Le taux d’électrification de la RDC se situe entre 9% et 14% respectivement selon la société civile et le gouvernement.

Quant au taux d’accès à internet, il est de 6% en République démocratique du Congo. La faiblesse de ce taux donne une image des défis à lever pour que le numérique soit effectivement une réalité pour tous les Congolais pas seulement ceux des grandes villes du pays.

La République démocratique du Congo regorge plusieurs plans de développement dans divers secteurs de la vie socioéconomique nationale. Cependant, la plupart de ces plans moisissent jusqu’aujourd’hui dans les tiroirs des différents ministères du gouvernement, faute de moyens financiers.

Amédée Mwarabu

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