Dans son rapport intitulé « Lobito et Banana : perception des mécanismes de gouvernance par les citoyens », et rendu public ce vendredi 23 octobre 2026, le Centre de recherches en finances publiques et développement local (Crefdl) rapporte des inquiétudes exprimées par certaines parties prenantes dans les projets de corridors de Lobito et de Banana, relatives notamment au partage des revenus entre, d’une part, la Zambie et la RDC, et, d’autre part, l’Angola et la RDC.
« Les mécanismes de partage des revenus issus de la fiscalité ne sont pas clairement définis ou ratifiés par le Parlement », a expliqué Valéry Madianga, coordonnateur national du Crefdl.
Il ajoute :
« Le manque de textes harmonisés portant répartition des tarifs de transit et des droits de douane entre la RDC, l’Angola et la Zambie pourrait favoriser l’opacité et la fuite des capitaux au profit de réseaux restreints ou criminels. »
La crainte de blanchiment des capitaux a été également exprimée par les parties prenantes, renseigne le Crefdl.
Et pourtant, ces « mégaprojets » peuvent grandement contribuer à l’essor économique de la RDC. Le corridor de Lobito, long de 1 739 km entre Kolwezi et Lobito en Angola, en est un exemple parfait, par sa capacité à réduire le temps de transit de la RDC, à la frontière, au terminal du port de Lobito, à 8 jours, avec 1 555 wagons porte-conteneurs et 49 locomotives de ligne prévues, dont 35 en Angola et 14 en RDC.
Le corridor Sakania-Banana va quant à lui permettre la baisse de coût de transit par conteneur de 25 à 30 % par rapport à son prix qui se situait entre 3 500 USD et plus de 6 000 USD selon la distance et la fluidité des postes frontaliers.
Bruno Nsaka