L'ouvrage de Jules Alingete Key met en avant, dans son chapitre consacré aux résultats du contrôle a priori, une hausse spectaculaire des recettes publiques congolaises entre 2020 et 2024 : + 133,5 % en cumulé, passant de 5,71 à 12,84 milliards de dollars américains. Un examen plus fin des tableaux qu'il publie lui-même révèle toutefois une trajectoire moins linéaire que ce résumé ne le laisse entendre.
Selon les données présentées dans l'ouvrage, les recettes publiques réalisées ont atteint un pic de 13,03 milliards de dollars en 2022, avant de reculer à 12,87 milliards en 2023, puis à 12,84 milliards en 2024, soit un recul de près de 200 millions de dollars entre 2022 et 2024.
Le même tableau montre également que, sur ces trois dernières années, les recettes réalisées n'ont jamais atteint les prévisions inscrites dans les lois de finances : 13,03 milliards contre 10,67 milliards prévus en 2022 sont certes dépassés, mais 12,87 milliards contre 16,05 milliards prévus en 2023, et 12,84 milliards contre 19,66 milliards prévus en 2024, marquent au contraire un écart croissant entre prévisions et réalisations.
L'auteur explique en partie cet écart par la détérioration du taux de change du franc congolais survenue en 2024, qui aurait pesé sur la conversion en dollars des recettes collectées en monnaie locale. Il n'en tire cependant pas de conclusion critique sur la trajectoire récente du dispositif, le chapitre restant centré sur la comparaison globale entre 2020 et 2024, plus favorable à la démonstration de l'efficacité du contrôle a priori que ne le serait une lecture année par année.