Si l'ouvrage de Jules Alingete Key se présente d'abord comme un plaidoyer pour le contrôle a priori, l'ancien Inspecteur général des finances n'en occulte pas les limites, qu'il détaille dans un chapitre consacré aux « avantages et inconvénients » du dispositif.
Parmi les critiques qu'il reconnaît lui-même : le risque de ralentir des opérations courantes nécessitant une certaine célérité, achats urgents, frais médicaux, celui de détourner l'attention des contrôles a posteriori pourtant nécessaires à l'amélioration durable des pratiques, ou encore la charge administrative supplémentaire qu'introduit, dans une chaîne de la dépense déjà informatisée, l'intervention d'un organe extérieur non prévu initialement dans le processus.
L'auteur admet également que certains gestionnaires publics perçoivent ce contrôle comme une forme de « cogestion », et qu'il peut engager la responsabilité individuelle de l'inspecteur ayant validé un acte a priori, en cas d'abus révélé ultérieurement.
Sur le plan politique, l'ouvrage assume un ancrage institutionnel fort : il est dédié au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, présenté par l'auteur comme la «source d'inspiration» de la Patrouille financière, et son préfacier, l'ambassadeur Émile Ngoy Kasonga, salue une œuvre qui aurait permis d'épargner à l'État congolais près de 2 milliards de dollars de détournements depuis son lancement.
Contrairement à une application pérenne, Jules Alingete Key plaide en conclusion pour un dispositif transitoire : selon lui, la levée progressive du contrôle a priori reste conditionnée à l'émergence d'un contrôle interne opérationnel et d'une véritable culture de redevabilité au sein de l'administration publique congolaise, un horizon qu'il évalue lui-même à une dizaine d'années au minimum.