De la découverte artisanale à la mise en valeur du gisement de cuivre de Katende, le Directeur général du Saemape explique tout le processus

Photo d'illustration
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PAR Deskeco - 24 juil 2026 11:42, Dans Mines

 

La découverte d'un important gisement de cuivre à haute teneur à Katende, dans la province du Kasaï-Oriental, ne serait pas le fruit d'une démarche exclusivement industrielle. Le directeur général du Service d'assistance et d'encadrement de l'exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE), Jean-Paul Kapongo Kadiobo, explique que les premiers indices de cette ressource ont été identifiés par des exploitants artisanaux actifs dans la région de Miabi, avant que les autorités et les structures spécialisées ne poursuivent les démarches autour de ce potentiel minier.

Alors que le Kasaï-Oriental est historiquement associé à l'exploitation du diamant et à la Société minière de Bakwanga (MIBA), cette découverte ouvre une nouvelle perspective pour le secteur minier de la province. Pour Jean-Paul Kapongo Kadiobo, le potentiel identifié dépasse toutefois les limites administratives du Kasaï-Oriental et s'inscrit dans une zone géologique plus vaste couvrant plusieurs territoires du Grand Kasaï.

« Je vais parler ici du Grand Kasaï, parce que cette roche ne se limite pas simplement à la province du Kasaï-Oriental. Elle s'étend vers le Sankuru, la Lomami, Tshikapa et le Kasaï-Central jusqu'à Kananga, où elle va rejoindre un autre gisement très important situé à environ 15 kilomètres de la ville de Kokotshela. Cette zone comprend notamment les secteurs de Tshigulu et Tshibaya et s'étend vers Lubondayi. Là, nous avons des gisements qui pourraient contenir d'autres substances minérales. Nous ne devons donc pas penser uniquement au cuivre. Il y a un potentiel beaucoup plus large à explorer et à développer dans l'ensemble du Grand Kasaï », explique le directeur général du SAEMAPE.

Des exploitants artisanaux à l'origine des premiers indices

Selon Jean-Paul Kapongo, les premiers prospecteurs à avoir identifié le cuivre dans la région de Katende sont des exploitants artisanaux qui travaillaient déjà dans cette partie du territoire de Miabi. Leur présence sur le terrain a permis de révéler l'existence du minerai avant l'intervention des différentes structures chargées de l'encadrement et de l'évaluation du potentiel minier.

« Le gisement de cuivre a été découvert par les prospecteurs. Et les premiers prospecteurs, ce sont d'abord les exploitants artisanaux qui travaillaient dans cette zone de Katende, précisément à Miabi. Nous nous sommes rendus sur place et nous avons publié les informations dont nous disposions. Il y avait déjà des études qui étaient menées avant que cette découverte ne soit portée à la connaissance du public. Avec Son Excellence Monsieur le ministre des Mines, nous nous sommes rendus sur le terrain pour nous rendre compte de la situation et accompagner le processus », relate-t-il.

Le responsable du SAEMAPE affirme avoir constaté, lors de cette descente, la présence de plusieurs milliers d'exploitants artisanaux déjà actifs sur le site. Cette situation, selon lui, pose la question de l'encadrement de ces acteurs dans le processus de développement du gisement.

« Nous avons également constaté qu'il y avait au minimum 3 000 à 4 000 exploitants artisanaux qui travaillaient déjà sur ce gisement. Nous avons même retrouvé du minerai dans les maisons de certaines personnes, ce qui pose un problème de traçabilité. Cela montre que l'activité était déjà présente avant l'arrivée des nouveaux opérateurs. Il faut donc tenir compte de cette réalité et trouver une manière d'organiser ces exploitants afin que la mise en valeur du gisement puisse se faire dans un cadre légal, avec une bonne traçabilité de la production », souligne Jean-Paul Kapongo Kadiobo.

La MIBA, propriétaire de la concession, au centre du processus

Le gisement de cuivre étant situé dans une concession de la MIBA, son exploitation industrielle s'inscrit dans le cadre d'un partenariat conclu entre cette société et l'entreprise MICKA. Le directeur général du SAEMAPE indique que plusieurs acteurs institutionnels ont accompagné le processus ayant conduit à la mise en place de ce partenariat.

« La société MICKA, qui a obtenu le marché pour l'exploitation du cuivre, a signé un partenariat avec la MIBA, puisque le minerai a été découvert dans une concession appartenant à cette dernière. Nous avons accompagné le processus avec les élus légitimes du peuple congolais, notamment des honorables députés, ainsi qu'avec le gouvernement provincial et d'autres structures sous tutelle, telles que le CAMI et les autres services concernés », précise-t-il.

Pour Jean-Paul Kapongo Kadiobo, l'histoire de ce gisement montre ainsi le rôle joué par les exploitants artisanaux dans la découverte des ressources minières et la nécessité d'assurer leur prise en compte dans les étapes suivantes. Il estime par ailleurs que les travaux à venir devraient permettre de mieux connaître l'étendue du potentiel cuprifère et des autres ressources présentes dans cette partie du Grand Kasaï.

L’autorité de Saemape entend, à travers ces  plaidoyers, créer une place importante pour les artisanaux afin que leur part soit  déterminée conformément, indique-t-il, au code minier, et que ce gisement de cuivre profite véritablement à la population locale et également que le projet réussisse pour ne pas revivre la même expérience que la Miba.  

Jean-Baptiste Leni

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