Dressant son bilan d'une année au sein du gouvernement Suminwa II, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba a, dans son actif, évoqué entre autres, le contrat de 180 millions de dollars avec Xcalibur Multiphysics Group SL pour réaliser une cartographie géophysique aéroportée et géologique de l’ensemble du territoire national. Lors d’un panel animé par les journalistes Oscar Mbal de la RTNC et Mamina Masengu de B-One, le ministre des Mines a déclaré par ailleurs qu'une équipe s’est rendue au Musée africain de Tervuren afin de récupérer les archives géologiques de la RDC.
À la question sur la présence des militaires et des policiers sur les sites miniers, Louis Watum Kabamba a rassuré que le processus de retrait est en cours d’exécution en collaboration avec l’état-major des Forces armées.
Traçabilité
Sur le plan de la traçabilité instaurée dans le secteur minier, le ministre a rappelé que le laboratoire du CEEC a reçu des équipements de dernière génération grâce auxquels il a été possible de détecter des sous-produits présents dans certains minerais exportés.
"Dès le mois d’octobre, cette avancée a permis de générer plus de 136 millions de dollars, entièrement versés au Trésor public", a-t-il indiqué.
Lutte contre la fraude minière
Pour se rendre compte de la fraude minière, le ministre a effectué plusieurs itinérances dans les profondeurs de la RDC, notamment dans le Lualaba, le Haut-Katanga, le Bas-Uele, le Haut-Uele, le Maniema, l’Ituri et d’autres provinces. Ces missions ont permis de prendre des mesures répressives contre les pratiques frauduleuses.
En matière d’encadrement de l’artisanat minier, près de 64 zones d’exploitation artisanale ont été mises à disposition. Elles ne sont pas encore effectives, mais le seront prochainement, le temps d’être viabilisées.
Gouvernance minière
Louis Watum Kabamba s'est aussi félicité de la forte avancée sur le plan de la gouvernance du secteur minier grâce à la digitalisation du système:
"Aujourd’hui, le Cadastre minier a récupéré près de 3 000 kilomètres carrés de concessions revenues dans le domaine public afin d’être redistribuées à des personnes ou des structures mieux outillées, tant sur le plan financier que technique, pour découvrir de nouveaux gisements et les exploiter".
Le ministre a, en plus, évoqué l'institutionalisation du dialogue avec la Chambre des mines.
"Ce cadre d’échanges avec les opérateurs miniers porte notamment sur les questions de fiscalité, de parafiscalité et sur les zones d’ombre liées à l’application du Code minier", a souligné Louis Watum Kabamba.
Partenariats stratégiques et investissements
S’agissant des partenariats stratégiques et des investissements, notamment du deal américain, le ministre a affirmé que des résultats concrets sont déjà visibles sur le terrain. Il a cité en exemple la reprise de Chemaf, qui a permis de sauver 2 000 emplois et de sécuriser l’activité de plus de 5 000 à 10 000 creuseurs artisanaux.
De l’exportation à la transformation locale des minerais
Louis Watum Kabamba a indiqué qu’un premier pas a déjà été franchi avec Manono Lithium, qui a réalisé la première exportation de concentré de lithium de l’histoire de la RDC. Il a annoncé que d’ici le mois de décembre, la production de sulfate de lithium débutera, avec des applications dans plusieurs secteurs industriels, notamment les batteries et la santé.
Enfin, au sujet des allégations portant sur une exportation clandestine de l’uranium, le ministre s’est montré catégorique :
« Concernant ces allégations, nous avons choisi de ne pas être sur la défensive, mais d’être totalement ouverts aux critiques et d’y répondre. Nous y avons répondu de manière factuelle et objective, en disant : venez, voici les statistiques, voici comment nous avons respecté, au fil des années, les normes dictées par les institutions internationales en termes de limites acceptables de contenu en uranium pour ce qui est exporté. Et si vous avez mieux à dire, dites-le-nous », a-t-il tranché.
Bienvenu Ipan