En République démocratique du Congo, la conjoncture économique intérieure demeure globalement stable, malgré une légère dépréciation du franc congolais sur le marché des changes et la persistance de certaines tensions sur les prix des biens et services. Cette évolution intervient dans un contexte où l’inflation continue de ralentir à court terme, tandis que les autorités monétaires restent attentives aux risques internes et externes susceptibles d’affecter la stabilité macroéconomique.
Invité à présenter, vendredi 14 août 2026, l’évolution récente de la situation économique, notamment sur le marché des changes ainsi que sur celui des biens et services, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, a indiqué que la conjoncture intérieure évoluait dans un environnement globalement maîtrisé. Cette appréciation intervient alors que la BCC poursuit une politique monétaire visant à consolider la stabilité macroéconomique tout en favorisant progressivement le financement de l’économie.
« Le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) a rassuré que la conjoncture économique intérieure continue d’évoluer dans un contexte globalement stable, marqué par une décélération de l’inflation hebdomadaire et une légère dépréciation sur le marché des changes. Au cours de la première semaine du mois d’août 2026, le marché des biens et services a indiqué un léger ralentissement du rythme de formation des prix intérieurs », rapporte le compte rendu de la réunion.
Le taux d’inflation hebdomadaire s’est établi, au niveau national, à 0,19 %, contre 0,21 % la semaine précédente. Selon le compte rendu du gouvernement, lu par le porte-parole du gouvernement, en cumul annuel, le taux d’inflation s’est situé à 6,0 %, contre 5,1 % à la même période en 2025. En glissement annuel, il est ressorti à 3,2 %, contre 7,8 % un an auparavant, pour un objectif de moyen terme fixé à 7 %.
Outre les contraintes structurelles, le gouverneur de la BCC a fait savoir aux membres du gouvernement que cette dynamique des prix était également influencée par des tensions locales sur les produits pétroliers, conjuguées aux effets saisonniers pesant sur l’offre de certains produits, notamment le charbon de bois et les produits d’entretien ménager.
« À la clôture de la journée du 7 août 2026, le taux de change s’est établi à 2 271,13 CDF pour un dollar américain à l’indicatif et à 2 319,73 CDF au parallèle. Comparativement au 31 juillet 2026, le franc congolais s’est déprécié de 0,82 % sur le segment interbancaire et de 0,20 % sur le segment parallèle. Les cours mondiaux des principaux produits de base intéressant l’économie congolaise se sont globalement bien comportés », a-t-il expliqué dans le compte rendu.
Poursuivant son intervention, rapportée dans le compte rendu de la réunion, André Wameso, en sa qualité de gouverneur de la Banque centrale du Congo, a affirmé que, compte tenu des facteurs de risque sur les plans externe et interne, une série de recommandations avait été formulée.
Selon lui, ces recommandations visent notamment la poursuite des efforts destinés à réduire la volatilité des prix des produits de grande consommation, notamment les produits alimentaires. Il préconise, à cet effet, la réalisation d’investissements ciblés visant à créer trois banques publiques spécialisées dans le financement de secteurs stratégiques : l’agriculture ; les infrastructures et les moyens de transport ; et l’industrie.
Cette stratégie vise également à réduire la vulnérabilité de l’économie congolaise aux chocs liés aux matières premières, en favorisant davantage la diversification du tissu productif national.
Ces propositions d’André Wameso s’inscrivent dans une volonté de réduire la volatilité des prix des produits de grande consommation, de renforcer la production nationale et de limiter la vulnérabilité de l’économie congolaise aux fluctuations des cours des matières premières. Elles soulèvent également la question de la diversification du tissu productif ainsi que de la mise en place de mécanismes de financement adaptés aux secteurs considérés comme prioritaires pour le développement économique du pays.
Ces propositions interviennent dans un contexte marqué par les efforts de la Banque centrale du Congo visant à renforcer la stabilité et à promouvoir davantage l’utilisation de la monnaie nationale, le franc congolais, face aux devises étrangères, dans une économie fortement extravertie et encore largement dépendante des matières premières.
Clément MUAMBA