RDC : plaidoyer pour rendre opérationnel le fonds pour les générations futures dans les secteurs des mines et hydrocarbures

Photo d'illustration
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PAR Deskeco - 29 aoû 2025 10:39, Dans Développement durable

Dix ans après sa création, le fonds pour les générations futures dans les secteurs des mines et hydrocarbures n'a jamais été opérationnel. C'est dans ce cadre que les responsables des sociétés pétrolières et les étudiants évoluant dans le secteur des hydrocarbures lancent un plaidoyer pour la mise en œuvre de ce fonds. C'était lors d'un atelier technique organisé mardi à Kinshasa sous le thème : « Mécanismes de création et de gestion du fonds des générations futures dans le secteur des hydrocarbures ».

« La loi sur les hydrocarbures de 2015 dans son article 19 a prévu la création d’un fonds pour les générations futures dans le secteur des mines et hydrocarbures. Aujourd’hui, 10 ans après, ce fonds n’a jamais vu le jour. C'est ainsi que nous avons bien voulu questionner les scientifiques pour réfléchir à cette mise en œuvre. Cependant, nous savons tous que ce fonds peut répondre à certains objectifs tels que les aspects liés à l’accompagnement des formations, des études, des explorations pétrolières et autres », a déclaré Pépito Saka Saka, coordonnateur de Focus des hydrocarbures.

Il a fait savoir que ce fonds peut participer activement au développement de la RDC et à donner des emplois aux Congolais dans le secteur des hydrocarbures où les jeunes, majoritairement formés, demeurent au chômage.

« Nous allons continuer notre lobbying pour approcher le secteur des hydrocarbures, les cours et tribunaux, le parlement mais aussi la présidence, afin que nous puissions vraiment accompagner la réalisation de ce fonds en insistant sur l’aspect de la bonne gouvernance, la durabilité et la transparence », a-t-il ajouté.

Nécessité de revoir le code des hydrocarbures

De son côté, le président de la commission nationale des Hydrocarbures au sein de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), M. Ali Mamina, a laissé entendre qu’il faut dans un premier temps définir les objectifs du fonds : la stabilisation économique, l’investissement à long et à court termes, concevoir un cadre juridique clair et institutionnel sur la création d’un décret bien défini, identifier les sources de financement et établir les mécanismes de gestion des fonds pour assurer la redevance et la redevabilité. Bref, la création de ce fonds implique la révision du code des hydrocarbures pour le garantir.

« En ce qui concerne les hydrocarbures, nous sommes dans le bon sens parce que la loi annonce déjà dans son article 19 l’institution d’un fonds pour les générations futures. Mais imaginez-vous, de 2019 jusqu’à aujourd’hui, il n’y a rien. Aujourd’hui, on devrait déjà être à 700 millions de dollars. Il faudra donc que ce fonds soit géré dans la transparence et la redevabilité », a-t-il dit.

Pour sa part, le professeur Dona Kampata, doyen de la faculté de Pétrole, Gaz et Énergie à l’Université de Kinshasa, a laissé entendre que la RDC est une puissance minière, pétrolière et énergétique, mais les défis institutionnels, financiers et sécuritaires sont importants.

« Nous avons 4 bassins importants, et aujourd’hui il n’y en a qu’un seul qui produit. Nous devons nous poser la question : pourquoi n’y en a-t-il qu’un seul qui fonctionne, alors que nous avons d’autres potentialités tout autour ? C’est à l’État congolais de mettre la main à la pâte pour chercher d’autres gisements. Si on pouvait déplacer ces blocs pétroliers pour les ramener au centre du Kasaï, cette région serait très calme », a-t-il conclu.

À son tour, Joseph Cijhunda a fait savoir que la constitution voudrait que l’on mette en place les modalités et la valorisation des ressources naturelles. Or, en cette période, les lois qui ont été mises en place concernent les espaces maritimes, la conservation de la nature, l’électricité, l’eau, les hydrocarbures, le tourisme et les mines. La société civile s’est concentrée sur les hydrocarbures et les mines.

« Nous nous sommes basés sur les principes du développement durable : exploiter les ressources générationnelles sans compromettre leur utilisation pour les générations futures, surtout pour les ressources épuisables ou non renouvelables. Nous avons pensé qu’il faut les exploiter maintenant », a-t-il dit.

Bienvenu Ipan

 

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