RDC : Les opérateurs miniers réalisent un chiffre d'affaires de 15 milliards Usd en 2018

PAR Deskeco - 12 avr 2019, Dans Actualités

Dans une interview exclusive accordée à DESKECO.COM, l’expert-minier congolais Léonide Mupepele a confié qu’en 2018, pour l’ensemble de la production minière en République démocratique du Congo, on était à 15 milliards de dollars américains. En 2017 c’était autour de 12 milliards, et en 2016 autour de 10 – 11 milliards Usd.

« Les quantités n’ont pas tellement bougé. Peut-être du côté cobalt où on est à tout moment en train de monter. Parce que le cobalt pour l’année 2018 je pense qu’on est allé jusqu’à 120.000 tonnes. Je n’ai pas encore vu les dernières statistiques parce qu’on a fait seulement les statistiques du premier semestre, mais pour le deuxième semestre on n’a pas encore fait, en ce que je sache. Mais quand on voit comment les statistiques avaient évolué au premier semestre, il suffit qu’on multiplie ça par deux, on va s’apercevoir qu’avec le cobalt on était autour de 120.000 tonnes, ce qui est une surproduction », a-t-il dit.

Au cours de l’année 2017, la production du cobalt en Rdc était autour de 80.000 tonnes. Et en 2016, cette production du cobalt était même autour de 60.000 tonnes. « Donc, là on a fait un bond terrible », a-t-il déclaré.

L’expert Mupepele explique ensuite qu’en dehors du cobalt qui est en train de monter, la production de tout le reste des minerais congolais semble être en baisse. « Avec le cuivre par exemple on est autour d’1 million de tonnes par an, peut-être qu’on est monté en 2018 à 1.100.000 – 1.200.000 tonnes ».

La production minière a rapporté au pays 15 milliards de dollars américains en 2018 grâce aux prix de différents minerais qui ont été meilleurs l’année passée. Puisque, a-t-il martelé, le prix du cobalt est allé jusqu’à 95.000 dollars américains la tonne. Mais actuellement, a confirmé cet expert minier congolais, le prix du cobalt a sensiblement baissé. « Maintenant on est descendu à 30.000 dollars américains la tonne. Et le cuivre est monté jusqu’à 8.000 dollars américains la tonne, voire plus », a-t-il affirmé.

Il confirme quant à lui qu’en termes de tonnage, le pays doit certainement améliorer. « Parce qu’en 2018, Katanga Mining n’avait pas tourné en plein. Il avait même suspendu sa production en 2016 pour refaire et retaper leurs équipements, reconstruire l’usine. Il est amené en production en 2018. Mais en 2019, Katanga Mining est en pleine production. Il est parmi les plus gros producteurs de cobalt », a-t-il fait savoir.

Toutefois, l’expert minier Léonide Mupepele n’est pas optimiste qu’en 2019, le pays connaîtra une production minière qui pourra aller à plus de 15 milliards de dollars américains. Il entrevoit même une baisse de production en 2019. D’autant plus qu’il y a un problème de prix, a-t-il souligné. « Il faut tenir compte de ça aussi. On ne sera pas obligatoirement au-delà de 15 milliards. Bien au contraire. On risque d’être en dessous de 15 milliards ».

Les indemnités des populations locales sont respectées

L’expert Léonide Mupepele, dans un second volet de cette interview, soutient que tous les grands miniers œuvrant en Rd Congo ont toujours respecté les dispositions du Code minier relatives aux indemnisations des populations locales sur les sites miniers. Il indique de ce fait que la loi minière prévoit que, pour des aspects environnementaux, les sociétés minières discutent avec les populations locales.

Les deux parties doivent échanger pour voir comment peut se passer le processus d’indemnisation par rapport au fait que, l’exploitation minière va devoir s’intéresser aux habitations, cimetières et autres endroits où les populations locales sont des ayant-droits. Cela existe dans le Code minier, et il y a ce qu’on appelle l’EIES (Etudes d’impact environnemental et social), martèle l’expert.

« C’est tellement important qu’aujourd’hui, il y a ce qu’on appelle le principe de l'Équateur, c’est-à-dire qu’aucune banque à travers le monde, ne peut donner de l’argent à un projet minier ou autre, si les aspects environnementaux et sociaux n’ont pas été incorporés dans le projet. Je prends l’exemple de Kibali Gold Mining qui a transplanté un village en construisant un autre plus moderne. La société Kibali a construit ce village en matériaux durables, et transporté des églises et des mosquées, et même des cimetières suivant les rites de ces populations. Tout cela se fait en bonne et due forme. Ça n’a jamais été un problème », a-t-il expliqué.

L’expert Mupepele est d’avis qu’il peut aussi arriver que la population locale soit préjudiciée dans ce processus d’indemnisation, au cas où une autorité quelconque, par abus du pouvoir, qui a des intérêts dans une société minière, puisse influencer le cours normal de ce processus. Cependant, il estime quant à lui que, ces cas où la population locale, au lieu de bénéficier normalement de l’indemnité qui lui est due, puisse être préjudiciée, ne peuvent se faire que pour des petites exploitations. Et on n’en parle pas beaucoup.

« Mais les sociétés minières comme Banro, Kibali Gold Mining, Tenke Fungurume ne peuvent pas oser faire ça. Parce que généralement elles font de l’exploitation à grande échelle. A leur niveau, si la population est lésée ça se saurait à travers le monde. Et aucun financier ne voudra leur donner de l’argent », a-t-il renchérit.

Lepetit Baende        

 
 

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