RDC : L'ACB compte changer ses statuts pour contraindre les banques à se hisser aux exigences internationales de conformité

PAR Deskeco - 04 juil 2019, Dans Actualités

Au cours de la conférence de presse de restitution de la mission effectuée du 10 au 12 juin 2019 à Washington et à New York aux États-Unis d'Amérique portant sur la problématique de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, le président de l'association congolaise des banques (ACB), Yves Cuypers, a annoncé le projet de changer les statuts de cette organisation.

"D'ici à la fin de l'année, nous voulons changer nos statuts. Nous voulons être une association engageant ses membres. Ça veut dire que quand nous prenons une décision, vous la respectez. Si vous ne la respectez pas, vous êtes sanctionnés voire exclus. Cela ne peut se faire évidemment qu'avec la Banque centrale du Congo", a déclaré Yves Cuypers, répondant à une question sur la capacité des membres à se mettre au diapason des exigences internationales en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

L'association congolaise des banques attend que ses membres investissent dans la formation du personnel, dans l'acquisition des logiciels nécessaires pour répondre aux exigences de conformité appliquées par l'ensemble du système financier international en rapport avec la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Pour autant, le président de l'ACB soutient que les banques commerciales congolaises appliquent intégralement les sanctions internationales notamment du Trésor américain contre certaines Entités congolaises.

"En matière des sanctions internationales, nous les appliquons. La Banque centrale du Congo le sait. Les ministres des finances et celui de la Justice le savent. Nous leur rendons compte comme nous rendons compte à ceux qui ont frappé certaines entités de leurs propres sanctions", a soutenu Yves Cuypers.

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En rapport avec l'initiative de prendre contact avec les instances américaines auteurs des sanctions, le président de l'ACB a rassuré que cela se fait en harmonie avec les autorités politiques et monétaire de la RDC.

"Notre mission aux États-Unis, tant en 2017 qu’en 2019, a été initiée par l'association elle-même mais elle a toujours été en parfaite transparence avec les autorités. On n'est pas là pour jouer au cavalier seul. On est là pour le faire en transparence. Nous avons informé le ministre des Finances et le gouverneur de la banque centrale. Et nous rendrons compte à toutes les autorités qui nous les demanderons", a-t-il rassuré.

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Sur la question du tarissement des correspondants à l'international, Yves Cuypers a indiqué que la RDC est juste une" victime collatérale".

"La RDC n'est pas impliquée dans les sanctions qui auraient été prises contre. La RDC ne pas impliquée les transactions qui auraient conduit à des pénalités qui auraient frappé les banques occidentales. Mais, ces banques internationales pratiquent simplement une politique de Derisking qui est en règle générale"Je ne veux plus prendre des risques. C'est pour ça j'ai décidé de ne plus coopérer avec tel ou tel autre pays dont la RDC. Nous subissons une politique de renforcement des contraintes et des exigences en matière de conformité. Nous sommes une victime collatérale tout simplement. Personne n'a dit que c'est une banque congolaise qui a fait ceci et par conséquent telle banque internationale a rompu sa coopération avec la RDC. Ça ce n'est pas encore arrivé jusqu'au moment où je vous parle", a martelé le président de l'ACB.

Amédée MK

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