RDC : Les banques s’engagent à renforcer leur dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme

PAR Deskeco - 03 juil 2019, Dans Actualités

Le président de l’Association congolaise des banques (ACB), Yves Cuypers, a animé, ce mercredi 3 juillet à Kinshasa, une conférence de presse pour faire la restitution de la mission effectuée du 10 au 12 juin à Washington et à New-York, aux Etats-Unis d’Amérique.

Au cours de cette mission qui portait sur la « problématique de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme », les responsables de l’ACB ont rencontré   les responsables du Département du Commerce, du Département d’Etat et du Trésor Américain ainsi que l'Équipe de la Citibank en charge des sanctions internationales.

« Cette visite de travail avait pour but d’échanger avec nos interlocuteurs sur la problématique de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Elle prolongeait la première mission initiée par l’ACB en 2017 », a précisé dès l’entame le président de l’ACB qui a soutenu que la démarche a été « unanimement appréciée » par tous les interlocuteurs d’autant qu’elle a un « caractère exceptionnel ».

« Nos interlocuteurs ont fait état de leur volonté d’accompagner le gouvernement Congolais dans la mise en place des réformes qui favorisent le développement de l’Etat et la bonne gouvernance et à apporter à l’ACB une assistance technique adéquate. Les représentants des Départements d’Etat et du Trésor Américains ont porté un regard très optimiste sur la situation de la RDC au lendemain des élections de décembre 2018. Ils ont déclaré vouloir accompagner le Président de la République et les instances dirigeantes dans la mise en œuvre de mesures qui favoriseront la prospérité en RDC. Dans le contexte particulier de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme et de la corruption », a déclaré en substance Yves Cuypers.

Pour autant, les instances américaines ont recommandé à la délégation de l’ACB de lever un certain nombre des défis de manière à se mettre en conformité avec les standards du système financier international mais surtout de renforcer les dispositifs de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Les interlocuteurs américains ont donc recommandé l’ACB de :« Renforcer la fonction complaisance au sein des institutions financières;  Mettre en place des dispositifs efficaces en matière de sanctions et de lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et contre la corruption; Faire auditer régulièrement les programmes de conformité des banques; Sensibiliser les autorités congolaises à renforcer le cadre légal et donner aux institutions en charge de la lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et la corruption les moyens de leurs objectifs; Demander à chaque banque de relever le niveau de son dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux; Demander aux institutions financières congolaises de mettre en place un contrôle et un suivi rigoureux des comptes des personnes politiquement exposées ».

Suite aux sanctions américaines notamment sur des personnalités politiques et militaires de l’ancien régime plusieurs banques internationales ont rompu leur coopération avec les banques commerciales congolaise. A ce jour, seule la Citibank est restée la banque correspondante du système financier congolais.

« Nos interlocuteurs ont confirmé que leur objectif n’était pas d’obtenir le derisking total en République Démocratique du Congo au risque d’accentuer l’isolement du pays et le renforcement de l’opacité des transactions financières mais plutôt de nous accompagner dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et financement du terrorisme par une assistance technique, de la formation et l’échange d’expérience », a-t-il ajouté.

Tout en s’engageant à renforcer le dispositif de lutte contre les flux illicites, l’ACB se propose de prendre langue avec le gouvernement et la banque centrale du Congo  pour que l’Etat prenne aussi à bras le corps cette problématique de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

« L’ACB entend poursuivre les échanges fructueux avec les autorités nationales et internationales et s’engage résolument à mettre en œuvre les mesures d’amélioration de la lutte contre le blanchiment des capitaux aux fins de favoriser la bonne gouvernance la croissance économique et l’inclusion financière. L’Association Congolaise des Banques entend également tout mettre en œuvre, en collaboration étroite avec la BCC et la CENAREF pour préserver le système financier national », a dit le président de l’ACB qui est aussi directeur général de la BCDC.

Au cours de cette conférence de presse Yves Cuypers était accompagné du secrétaire général de l’ACB, célestin Tshibwabwa, du DG de la TMB, Olivier Meisenberg, et du DG de la Citibank, Willy Mulamba.

Le département d’Etat et le département du Trésor américain ont pris depuis 2017 des sanctions contre des personnalités congolaises qui se sont rendues coupables de violation des droits humains, celles qui ont persécuté le processus démocratique du pays et celles qui ont été impliquées dans la corruption. leurs avoirs aux Etats-Unis ont été gelés. Et, ces personnalités ne devraient plus faire des opérations dans les banques commerciales congolaises où le dollar américain est la principale monnaie de transaction.  

Amédée Mwarabu

 
 

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