Ouverture de la session de septembre : Mabunda invite le Gouvernement à une politique budgétaire prudente

PAR Deskeco - 16 sep 2019, Dans Actualités

Les présidents des deux chambres du Parlement de la République viennent de procéder, ce jeudi 16 septembre 2019, à l’ouverture officielle de la session ordinaire de septembre 2019. Dans son speech, la speakerine de l’Assemblée nationale a rappelé  ses collègues que cette session ordinaire est budgétaire, et elle sera donc consacrée à l’examen et au vote du projet de loi des finances de l’exercice 2020.

A cet égard, elle a invité le Gouvernement à déposer « dans les meilleurs délais », au bureau de l’assemblée nationale, le projet de loi des finances de l’exercice 2020, et avant l’examen de cette loi, le projet de loi portant reddition des comptes de la loi de finances de l’exercice 2018. « Cette diligence permettra aux deux chambres du Parlement de les adopter avant la fin de la session en cours », a-t-elle souligné.

Plus loin dans son allocution, Mme Jeanine Mabunda Lioko  a tenu à évoquer le contexte macroéconomique actuelle tant au plan international que national, tel que fourni par la Banque centrale du Congo, ce, dans l’attente du projet de loi des finances de l’exercice 2020, et sous réserve de la loi de reddition des comptes.

Ainsi, elle a signifié qu’« Au plan international, et sous l’angle strictement budgétaire, les dernières perspectives du FMI tablent en juillet 2019 sur une croissance de l’économie mondiale de 3,2 % pour cette année, et 3,5 % pour l’année prochaine. Cette croissance cependant sera inégale, elle connaîtra une hausse dans les pays dits avancés en tirant profit surtout des performances de l’économie américaine. Dans les pays à faible économie, cette croissance risque de s’affaiblir au regard des pressions exercées sur le marché des matières premières et des produis de base. Sont notamment concernés par cette tendance baissière : le cuivre et le cobalt, dont la Rdc est à la fois producteur et exportateur ».

Et au plan interne, elle affirme que les estimations de la croissance annuelle en 2019 ont été fixées à 4,6 %, contre un taux de croissance de 5,8 l’année précédente. « On a observé cependant un petit recul de 0,2 % à juin 2019. Cela étant, si cette tendance baissière est dépendante de la performance du secteur minier, qu’il soit cependant noté que notre taux de croissance demeure supérieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne qui est chiffrée à 3,5 %. Ainsi dit, les taux de croissance et de dépréciation monétaire congolais sont sous contrôle », a dit la Présidente de l’Assemblée nationale.

Elle invite néanmoins le Gouvernement de la République à une politique budgétaire prudente, « en vue d’éviter des déficits susceptibles de perturber les équilibres macroéconomiques encore fragiles ».

Appel à une attention particulière du Gouvernement aux préoccupations des députés

Dans son discours solennel d’ouverture de la session ordinaire de septembre 2019, la Présidente de l’Assemblée nationale estime qu’« il devient maintenant plus que temps, d’espérer l’amorce d’un décollage programmé, planifié et projeté vers un horizon accessible et repérable pour tous les citoyens ».

Avant de clore son propos, Mme Mabunda a évoqué les préoccupations exprimées par des  députés nationaux dans le cadre de leurs échanges réguliers avec le bureau de l’Assemblée nationale, des vacances parlementaires, soit sur terrain, soit avec les caucus provinciaux. « Je sollicite en leur nom, une attention particulière du Gouvernement. Ainsi, nous espérons que ce projet de budget tiendra compte entre autres, des exigences de ces derniers, et notamment de la lutte contre l’insécurité créée par les groupes armés et terroristes tel qu’ADF à l’Est du pays ; de la relance de l’agriculture ; de la lutte contre le chômage des jeunes ; de l’accès à l’éducation en général et notamment l’effectivité de la gratuité ; de la construction ou réhabilitation des infrastructures et notamment en matière énergétique », a-t-elle déclaré. 

Et d’ajouter : « On constate et on demande d’accélérer le projet de mise en œuvre de l’exploitation du gaz méthane dans le Lac Kivu, la réhabilitation des routes de desserte agricole ou le dragage des voies fluviales pour éviter les catastrophes. On signale aussi la lutte contre les érosions qui menacent dans les villes de Kinshasa, Kikwit, Kananga, Mbuji-Mayi, Lisala et bien d’autres de la République. On demande enfin des solutions urgentes attendues suite aux faits néfastes de certaines crises locales dont le phénomène Kamwina Nsapu dans le Kasaï. On répète aussi la nécessité d’accorder une attention particulière à des mesures concrètes en matière de lutte contre la corruption. Et enfin, pour paraphraser et compléter mon collègue, l’estimé Président du Sénat, l’accélération de la mise en œuvre de la Caisse nationale de péréquation pour une plus grande équité et une effectivité de la décentralisation ».

Et pour boucler la boucle, Mme Jeanine Mabunda pense que « Le moment est venu de tout faire pour arrêter de parler du Congo en termes de potentialités. Au lieu de lutter contre la pauvreté, allons vers une ambition, l’ambition de créer plus de richesses pour plus des Congolais. Tel est l’esprit et telles sont les prédispositions qui seront ceux des honorables députés nationaux au moment où le Gouvernement de la République nous fera l’honneur de venir déposer son projet de loi des finances de l’exercice 2020 ».

Deux propositions de loi de Lokondo et Pasi Zapamba pour lutter contre la corruption

Signalons que le propos de Jeanine Mabunda s’est articulé autour de trois axes, le contexte de la session ordinaire de septembre 2019, les principales priorités législatives de cette session et le contrôle parlementaire. Et elle a signalé qu’en attendant que le Gouvernement transmette au bureau de l’Assemblée nationale les projets de loi qu’il juge urgents pour la mise en œuvre de son plan d’action, la chambre basse du Parlement va poursuivre l’examen des arriérés législatifs. 

« Il s’agit d’une part, des textes déjà adoptés en première lecture par le Sénat, et transmis à notre chambre pour examen en seconde lecture. Et d’autre part, des textes dont l’examen se poursuivait encore au sein de certaines commissions permanentes, sans négliger les initiatives législatives de certains de nos collègues députés nationaux », a-t-elle précisé.

Parmi les textes concernés, Mme Jeanine Mabunda cite entre autres la proposition de loi modifiant et complétant la loi n°011/022 du 24 décembre 2011, portant principes fondamentaux relatifs à l’agriculture. Elle a aussi rappelé quelques textes  déjà adoptés par l’Assemblée nationale et qui seront soumis à la commission mixte paritaire au regard de l’article 235 de la Constitution.

Parmi lesquels, le projet de loi sur les échanges et le commerce électronique ; la proposition de loi modifiant et complétant le Décret de 1940 portant Code pénal « aux fins de déterminer les peines applicables aux infractions prévues par l’Acte uniforme de l’OHADA ».

Dans ce même volet de la production législative, la Présidente de l’Assemblée nationale affirme en outre que son bureau a enregistré quelques initiatives législatives émanant de certains de ses collègues députés nationaux. Il s’agit entre autres de la proposition de loi organique portant institution, organisation et fonctionnement de l’Agence nationale de lutte contre la corruption, initiée par le député Henry Thomas Lokondo ; la proposition de loi portant lutte contre la corruption initiée par le député Jean-Pierre Pasi Zapamba.

Plaidoyer pour la bonne gouvernance

Signalons qu’auparavant dans son discours, la speakerine de la Chambre basse du Parlement a sensibilisé ses collègues députés nationaux en ces termes : « En nous élisant, nos compatriotes nous ont confiés deux missions constitutionnelles, celle de légiférer, et celle de contrôler l‘action du Gouvernement, des entreprises publiques, des établissements et services publics. C’est là le rôle de l’Assemblée nationale. Au cours de chacune des sessions parlementaires, le Président de la République, Chef de l’Etat, son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et l’ensemble de notre peuple attendent de nous l’exercice de ces missions avec responsabilité et dévouement, afin de contribuer à l’amélioration de la gouvernance, de l’exercice de libertés publiques et de l’amélioration du quotidien du Congolais ».

Et d’ajouter : « S’agissant de notre mission constitutionnelle de contrôle parlementaire, il me semble que ses principaux objectifs sont notamment l’amélioration de la gouvernance, la promotion de libertés et du bien-être de la population. Notre souhait est donc que le contrôle parlementaire débouche à la moralisation de la vie publique, qu’il ne soit plus une formalité, en vue de veiller à la répartition équitable des richesses et à l’utilisation optimale des ressources nationales dans le budget de l’Etat. C’est à cela que nos compatriotes apprécieront le travail qu’ils attendent de leurs élus. Ceci renforcera enfin la confiance entre les élus et leurs électeurs ».

Lepetit Baende

Articles similaires