Le ministre provincial Guy Matondo s’explique ce jeudi à l’APK sur la gestion des finances de Kinshasa

PAR Deskeco - 01 mai 2019, Dans Actualités

Le ministre provincial sortant des Finances, M. Guy Matondo, est attendu ce jeudi 02 mai 2019 à l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK). Comme d’aucuns ne l’ignorent, la motion d’interpellation lui adressée a été présentée et adoptée par les députés provinciaux au cours de la séance plénière du mardi 23 avril dernier, à l’initiative de l’élu de Kintambo, Didier Tenge Te Lito.

L’ancien argentier de Kinshasa, lui qui assure encore l’expédition des affaires courantes, devra ainsi éclairer la lanterne des élus kinois sur trois points essentiels. Notamment, le surendettement de la ville-province, les comptes parallèles ou fictifs et les arriérés des salaires des ministres provinciaux, des membres de leurs cabinets, des fonctionnaires de l’Assemblée provinciale de Kinshasa ainsi que ceux rattachés à l’administration de la ville.

Devant cet organe délibérant, le ministre Guy Matondo aura aussi à justifier l’ouverture de plusieurs comptes parallèles ainsi que l’affectation des crédits à hauteur de 6 et 14 millions de dollars américains contractés auprès des banques respectivement aux mois de juin et d’octobre derniers.

Appuyant l’initiative de leur collègue Didier Tenge Te Lito, les députés provinciaux Jean Ngoy et Makambo avaient même affirmé au cours de cette plénière du mardi de la semaine dernière, qu’ils détiennent des documents accablants qui révèlent des fautes de megestion graves des finances publiques de Kinshasa.

Et pour sa part, le président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, le pasteur Godefroid Mpoyi, a eu à souligner que l’hypothèque des recettes de la ville-province de Kinshasa date de trois ans. Voilà pourquoi, son bureau s’est décidé d’accélérer la procédure pour que le ministre réponde devant les députés avant que le gouvernement provincial sortant ne tombe.

Signalons en outre qu’au cours de cette assemblée plénière du mardi 23 avril dernier, les députés provinciaux avaient principalement procédé à la constitution des groupes parlementaires, du comité des sages et des commissions permanentes de l’Assemblée provinciale de Kinshasa.

Des proches de Kimbuta déjà à la défensive

Cités par le journal Libre Débat, des proches de l’ancien gouverneur de la ville-province de Kinshasa, M. André Kimbuta Yango (qui porte aujourd’hui une double casquette du député national et de sénateur), puisque c’est lui le principal concerné de la gestion de la ville au cours de ces onze dernières années, estiment toutefois que s’agissant des crédits bancaires, l’exécutif provincial n’a fait qu’user de ses prérogatives pour assurer une bonne gestion de l’entité.

« La loi sur la décentralisation autorise chaque entité à trouver des ressources propres pour financer son programme. Elles peuvent provenir de la rétrocession du gouvernement central, de recettes issues de différentes taxes provinciales et impôts payés par les contribuables ainsi que d’une ligne de crédit », indiquent-ils.

Et dans ce dernier cas (ligne de crédit), ils affirment que le gouvernement provincial s’était engagé auprès des banques pour trouver un financement adéquat en vue de la réalisation de son programme d’action. « Rien dans ce cas ne peut troubler la sérénité de l’ancien chef de l’Exécutif provincial de la capitale », assurent-ils.

Ces proches de Kimbuta, selon toujours le journal Libre Débat, déclarent que « le haut-sommet » est confiant et demeure serein, « bien que d’aucuns n’ignorent ce qui se profile derrière cette litanie de bonnes intentions. Il n’est pas aisé de gérer une mégapole de plus de dix millions d’habitants avec des infrastructures conçues pour les besoins de cinq cents mille âmes ».

Ils rappellent quant à eux que chacun des Congolais retiendra que sous Kimbuta, l’Assemblée provinciale est désormais propriétaire de la parcelle et de l’immeuble abritant son siège ; l’Hôtel du gouvernement a été construit ; l’Hôtel de ville vient d’être doté d’un bâtiment ultramoderne de quatre niveaux et, la Direction générale des recettes de la ville-province vient d’acquérir un terrain sur lequel un immeuble devant abriter ses installations est en train d’être érigé.

Pour une fois aussi, martèlent-ils, la ville de Kinshasa dispose d’un service anti-incendie viable disposant d’une caserne qui lui appartient en propre. « La liste est non exhaustive, s’il faut ajouter des aménagements des infrastructures des marchés communaux et des avenues », soulignent ces proches de Kimbuta.

Et ils renchérissent enfin qu’« Aujourd’hui, le service d’assainissement de la ville est doté d’une charroie automobile conséquente, des excavateurs et des chargeurs, tandis qu’avant, il ne disposait que d’un seul engin lourd. Rien que pour l’assainissement de la ville, il fallait débourser 12 millions de dollars américains le mois ».

Lepetit Baende

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