Kongo Central : reprise timide du travail à la CVM après 12 jours de grève

PAR Deskeco - 30 sep 2019, Dans Actualités

Après 12 jours de grève sèche, les travailleurs de la Congolaise des voies maritimes (CVM, ex RVM) ont repris timidement le service samedi dernier. Ce, à la suite d’un communiqué signé conjointement entre  l'intersyndicale et l’employeur. Ce communiqué conjoint appelle les travailleurs de la Congolaise des voies maritimes à suspendre momentanément leur mouvement de grève pour une durée de sept jours.

Ce communiqué rassure les agents que leurs revendications ont été prises en compte par les ministres du Portefeuille et celui des Transports et Voies de communication. Ces revendications portent sur l’acquisition d’une drague d’occasion ; le payement de 22 mois d’arriérés de salaire et la résiliation du contrat liant la CVM à la firme belge Dradging International.

Ce massage a été donné au cours d’une assemblée générale des travailleurs de la Direction générale de Boma, par le président de la délégation syndicale nationale basé à Boma, M. Léon Muanda. « Nous avons demandé aux travailleurs de rentrer au travail aujourd’hui parce qu’il y avait le communiqué de presse qui a été fait par l’intersyndicale, mais les travailleurs n’ont pas accepté puisque ce n’était pas signé conjointement signé avec l’employeur. Et nous avons demandé que l’employeur aussi puisse. Aujourd’hui, nous venons de demander aux travailleurs de rentrer au travail. Et c’est déjà commencé à Boma, à Matadi, comme à Banana », a-t-il confirmé à la presse.

A en croire un confrère journaliste, Pierre Mvika Nsimba, à partir de Boma, certains travailleurs de la CVM lui ont confié que pour eux, cet appel au travail sans rien n’est qu’une pure provocation.

Jusqu’à samedi, douzième jour de la radicalisation de la grève, il y a eu des conséquences énormes du côté des armateurs et de tous les autres intervenants du monde portuaire. 18 navires à la montée étaient bloqués à l’embouchure du fleuve Congo au niveau de Moanda, et d’autres encore dans les ports de Matadi, de Boma et de Banana, avec toutes les pénalités d’accostage, sans oublier bien sûr le manque à gagner que cette grève occasionne au trésor public.

Cette situation de la grève sèche qui a débuté depuis le jeudi 19 septembre à la CVM dans la province du Kongo-central (Matadi, Boma et Banana) est préoccupante avec le blocage du trafic normal qu’il y a eu au niveau du bief maritime entre l’embouchure et le port international de Matadi. Pendant plus d’une semaine durant, des navires ont trainé mouillage à l’embouchure puisqu’en état d’accostage forcé à Matadi, Boma et Banana par manque des pilotes de la CVM.

Ce qui a mis mal à l’aise les armateurs, les opérateurs économiques, les commissionnaires en douanes et tous les autres intervenants du monde portuaire.

Les trois raisons de la grève

Evoquant les principales raisons de cette grève sèche à la CVM, M. Léon Muanda a souligné que : « Les agents de la CVM ont attendu impatiemment la réponse de la Présidence de la République. La fois passée nous avions obtempéré à la lettre de la Présidence nous demandant de ne pas bloquer le pilotage des navires. Par manque de solution, nous avons repris la grève pour faire entendre notre voix, et nous avons bloqué le pilotage des navires. Nous avons 22 mois d’arriérés de salaire ».

Outre les arriérés de salaire de 22 mois, les agents de la CVM réclament également l’acquisition d’une nouvelle drague, et un nouveau dock flottant pour remplacer celui de 1925 devenu vétuste. Aussi, exigent-ils l’annulation, sinon la ré-visitation du contrat qu’ils qualifient de léonais et fantaisiste, qui lie leur entreprise à la firme belge Dradging International.

Malgré la lettre du ministère de Portefeuille donnant des assurances sur l’acquisition d’une nouvelle drague à la CVM, les agents qui se disent être fatigués de nombreuses promesses, tiennent d’abord à voir la réalité en face.

Lepetit Baende

 

 

 

 

 

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