Le gouvernement congolais réagit aux préoccupations soulevées par le directeur général d’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, sur la gestion des fonds destinés à la riposte contre la maladie à virus Ebola.
Dans son intervention à l’émission spéciale Appels sur l’Actualité sur RFI, le porte-parole Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité de retracer les financements effectivement décaissés et de clarifier leur utilisation sur le terrain.
« Il faut distinguer la promesse de l’argent et l’argent réellement versé. Selon Africa CDC, plus de 3 milliards de dollars ont effectivement été promis lors de la dernière réunion qui a eu lieu en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Seulement 962 millions ont été décaissés, soit à peu près 31 %. » a-t-il déclaré
Il a également souligné qu’une grande partie de l’aide internationale ne transite pas par le Trésor public congolais, mais est directement gérée par les agences et les organisations non gouvernementales partenaires. Cette configuration, a-t-il expliqué, rend indispensable un mécanisme de traçabilité permettant d’identifier les bénéficiaires des fonds, les montants reçus et les dépenses engagées.
« C’est pourquoi nous exigeons la traçabilité pour que nous puissions effectivement comprendre qui a reçu quoi et pourquoi, et pour quel travail sur le terrain », a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, le gouvernement affirme avoir entamé un travail avec Africa CDC, chargé de collecter les informations auprès des partenaires et des organisations qui participent à la riposte contre Ebola. L’objectif est de disposer de données précises sur les financements reçus et leur utilisation effective.
Patrick Muyaya a par ailleurs rappelé que le gouvernement congolais avait lui-même débloqué 50 millions de dollars pour soutenir la riposte. Il a reconnu la responsabilité des autorités nationales dans cet exercice de transparence, tout en appelant les partenaires et les prestataires à rendre compte de l’utilisation des ressources mises à leur disposition.
« Le gouvernement avait déjà débloqué 50 millions de dollars. Nous-mêmes, nous sommes redevables et nous souhaitons que tous les partenaires et prestataires puissent être en mesure de nous dire combien ils ont reçu et comment ils ont dépensé », a-t-il affirmé.
Sa déclaration intervient un jour après le point de presse organisé par Le directeur général d’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya sur la gestion opaque des fonds mobilisés pour la riposte contre Ebola. Selon lui, sur les 926,66 millions de dollars américains annoncés comme décaissés par les donateurs, une part importante des dépenses reste à retracer.
« Sur les 926 millions de dollars américains déclarés comme décaissés par les donateurs au profit des partenaires de mise en œuvre, seuls 200 millions USD auraient été retracés lors d’une réunion de suivi, laissant un écart de 700 millions USD à éclaircir. » avait alerté devant la presse
Pour le patron d’Africa CDC, cette situation soulève des questions sur la traçabilité et l’utilisation effective des ressources mobilisées pour répondre à l’épidémie. Il exige ainsi davantage de transparence afin de garantir que les financements destinés à la riposte sanitaire soient clairement identifiés et utilisés conformément à leur objectif : sauver des vies.
Divine Mbala