RDC : dans son livre, Jules Alingete Key détaille les dossiers Sicomines et Bukanga Lonzo comme symboles de la lutte contre la corruption

Sicomines
Sicomines
PAR Deskeco - , Dans Corruption

 

Dans son ouvrage Le contrôle a priori des finances publiques en République démocratique du Congo : la raison d'être de la Patrouille financière, dont le vernissage s'est tenu vendredi à Paris, l'ancien Inspecteur général des finances Jules Alingete Key illustre son propos par plusieurs dossiers concrets, présentés comme emblématiques de la « criminalité financière » qu'aurait combattue l'Inspection générale des finances (IGF) depuis 2020.

La surfacturation de l'avenue du Tourisme, dans le cadre de la convention Sicomines

L'auteur cite en exemple la réhabilitation de l'avenue du Tourisme à Kinshasa, longue de 4 kilomètres, financée dans le cadre de la convention sino-congolaise Sicomines. Selon lui, ce chantier aurait été facturé 38 millions de dollars américains, alors que le coût de construction de projets routiers similaires s'établirait, selon les données qu'il avance, à environ 1 million de dollars par kilomètre, soit un écart de facturation de l'ordre de 34 millions de dollars pour ce seul tronçon.

Plus largement, l'ouvrage évoque le rééquilibrage des gains financiers entre la RDC et les partenaires chinois du projet minier Sicomines. Ce dossier, dénoncé initialement par des organisations non gouvernementales de lutte contre la corruption avant d'être repris par l'IGF, aurait débouché, selon Jules Alingete, sur un supplément de 5,8 milliards de dollars américains obtenu par la RDC, destiné à la construction d'infrastructures routières.

Le dossier Bukanga Lonzo, cité comme exemple de contrôle citoyen

L'auteur mentionne également le dossier du « Projet Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo » comme illustration du rôle du «contrôle citoyen» exercé par la société civile congolaise. Selon lui, ce sont des organisations non gouvernementales qui auraient, les premières, «tiré la sonnette d'alarme» sur ce projet, avant que l'IGF n'ouvre ses propres enquêtes, un exemple qu'il présente comme la démonstration du rôle complémentaire que peuvent jouer la société civile et les médias, qualifiés dans l'ouvrage de « quatrième pouvoir », aux côtés des organes de contrôle institutionnels.

Ces dossiers, présentés dans le chapitre consacré à l'état des lieux de la corruption en RDC, viennent selon l'auteur justifier la nécessité d'un contrôle préventif des finances publiques, le contrôle a posteriori ayant, selon lui, montré ses limites face à l'ampleur de ces pratiques.

Articles similaires