La « Patrouille financière » aurait épargné 2 milliards USD à l'État congolais, selon un nouvel ouvrage signé Alingete Key

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PAR Deskeco - , Dans Finances

 


Dans un ouvrage récemment publié aux éditions Bruylant et intitulé "Le contrôle a priori des finances publiques en République démocratique du Congo, La raison d'être de la Patrouille financière", l'ancien Inspecteur général des finances Jules Alingete Key dresse le bilan chiffré du dispositif de contrôle préventif qu'il a piloté pendant près de cinq ans à la tête de l'Inspection générale des finances (IGF).

Selon les chiffres avancés dans la préface de l'ouvrage, signée par l'ambassadeur Émile Ngoy Kasonga, la « Patrouille financière » aurait permis d'épargner à l'État congolais environ 2 milliards de dollars de détournements et de dépenses jugées non prioritaires depuis son lancement en 2022. Le même texte affirme que le budget national serait passé de 4 à 15 milliards de dollars en trois ans, une progression que l'ouvrage qualifie de « bond de plus de 200%».

Lancé par l'IGF en application de l'article 140 du Règlement général sur la comptabilité publique, qui autorise un contrôle a priori, concomitant ou a posteriori des actes de gestion, le dispositif consistait à faire accompagner les gestionnaires de fonds publics par des inspecteurs des finances avant même l'exécution d'une dépense, plutôt que de se limiter à un contrôle après coup. Les inspecteurs des finances suivaient ainsi pas à pas les gestionnaires de l'argent public dès que l'État leur remettait des fonds pour une tâche donnée, afin d'orienter la dépense vers son objet initial. 

Selon Jules Alingete lui-même, il s'agissait d'un contrôle préventif visant à empêcher tout détournement et à alerter dès la moindre détection d'actes de corruption.

Le bilan avancé dans le livre reste toutefois à prendre avec la prudence habituelle réservée aux ouvrages autobiographiques ou préfacés par des proches de l'auteur : les chiffres de « 2 milliards de dollars épargnés» et de « budget porté à 15 milliards » ne sont pas accompagnés, dans les extraits consultés, d'une méthodologie de calcul détaillée ni d'une source indépendante de vérification. 

Ces montants recoupent en partie des déclarations déjà faites publiquement par Jules Alingete durant son mandat, il avait notamment indiqué à l'AFP qu'aucun mois n'avait vu le Trésor public réaliser moins de 500 millions de dollars de recettes, contre des recettes mensuelles jadis comprises entre 300 et 380 millions de dollars.

Le parcours de la Patrouille financière n'a pas été sans controverses. Des organisations de la société civile, dont l'Observatoire de la dépense publique (ODEP), ont dénoncé sa suspension temporaire dans certaines entreprises publiques à la veille des élections de décembre 2023, y voyant un risque pour la lutte contre le détournement des deniers publics, l'IGF avait pour sa part assuré que le dispositif n'avait été suspendu que ponctuellement, à des fins d'évaluation, et non supprimé.

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