«En réalité, l'intégration en Afrique va nous pousser à une croissance rapide » (Déogratias Mutombo) 

PAR Deskeco - 26 juil 2019, Dans Actualités

Au cours de la conférence de presse tenue le mercredi 24 juillet à Kinshasa à l'issue de la sixième réunion du Comité de politique monétaire, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Déogratias Mutombo, s’est exprimé sur la Zone de libre échange continentale africaine (ZLEC) que les chefs d’Etat africain dont Félix Tshisekedi, ont lancé depuis Niamey au Niger.

« Je salue la création de cette ZLEC. Ça va nous conduire vers la même diligence demandée par le Programme de coopération monétaire de l'Afrique. Avec le Programme de coopération monétaire de l’Afrique, le PCMA, nous demandons qu'on supprime les droits de douane sur les marchandises, qu'on libéralise le commerce et les principaux services. Et à terme, nous devons créer un marché unique continental sur lequel vont circuler librement les gens, la main d'œuvre et les capitaux », a déclaré Déogratias Mutombo alors qu’il faisait le lien entre les objectifs de cette zone de libre échange économique africaine et ceux du PCMA.

Pour le patron de la BCC, pour que les pays africains parviennent à ce marché continental poursuivi avec le lancement de la ZLEC, ils doivent au préalable satisfaire aux critères de convergences des performances économiques du PCMA.

Les 8 critères de convergence du PCMA sont : Réaliser un taux d'inflation inférieur ou égal à  7%, le déficit budgétaire global par rapport au PIB doit être inférieur ou égal à 5%, le crédit de la banque centrale au gouvernement doit être inférieur ou égal à 5%, les réserves extérieures doivent couvrir 3 mois des importations des biens et services sur ressources propres, le ratio  dette publique/PIB doit être inférieur ou égal à 65%, le ratio Recettes fiscales totales/PIB doit être supérieur ou égal à 20%, le Taux de change nominal doit avoir une variation de plus ou moins 10%, le ratio Investissement en capital du gouvernement/Recettes fiscales doit être supérieur ou égal à 30%.

"Pour un pays qui réalise ces 8 critères, le développement va s'accélérer. Ça c'est certain", soutient Déogratias Mutombo. De son avis c'est ce que les pays et les gouvernements devraient faire.

« Une fois que les pays réalisent ces critères, nous pouvons maintenant nous dire « l'intégration africaine est effective ». Nous pouvons maintenant aller vers la création de la Banque centrale africaine et de la monnaie unique parce que c'est important. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas évoluer en ordre dispersé. Nous devons avoir une banque centrale pour l'Afrique et une monnaie unique. Nous sommes le dernier continent où il n'y a pas ce genre de regroupement régional », a-t-il soutenu.

Pour Déogratias Mutombo, l’intégration en Afrique va pousser à une croissance économique rapide des pays du continent.

« En réalité, l'intégration en Afrique va nous pousser à une croissance rapide. L'intégration va permettre aux pays de se spécialiser par exemple dans la production des biens et services pour lesquels un pays dispose des avantages comparatifs. Cela va amener les pays à exploiter les économies d'échelle. Et il va de soi qu'on va améliorer la productivité, la compétitivité et tirer la croissance vers le haut », estime le patron de l’Institut d’émission.

Et d’ajouter : « Nous devons avoir une vision d'une Afrique unie, intégrée mais compétitive à l'échelle internationale. Pour y arriver, nous devons travailler ensemble pour mettre en œuvre des réformes et réaliser des objectifs du PCMA, le Programme de coopération monétaire en Afrique, et avoir notre intégration, avoir notre banque centrale africaine, avoir notre monnaie unique africaine ».

Il estime même qu’il faut aller vite en mettant les réformes nécessaires pour lever des obstacles non tarifaires au commerce. « Il faut qu'on aille vite. Cette ZLEC, pour stimuler réellement le commerce intra régional en Afrique, requiert que nous nous employions à lever des obstacles non tarifaires: Insuffisance des infrastructures, les obstacles à la facilitation des échanges. C'est ce qu'il faut lever. Et pour lever ces obstacles, ce sont des réformes qu'il faut mettre parce qu'il faut avoir des économies plus diversifiées, de la logistique, des infrastructures de qualité pour tirer profit de la ZLEC ».

La ZLEC a été lancée le 7 juillet 2019 à Niamey en marge du sommet de l’Union africaine. La ZLEC a vocation de favoriser le commerce au sein du continent et attirer des investisseurs. L'Union africaine estime que sa mise en œuvre permettra d'augmenter de près de 60 % d'ici à 2022 le commerce intra-africain. 27 pays ont déjà ratifié l'accord.

Amédée Mwarabu

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