L'Afrique réalise une montée en puissance dans les chaines d'approvisionnement mondiale (Rapport CNUCED)

Un engin Ben dans une carrière minière.
Un engin Ben dans une carrière minière. Photo d'illustration
PAR Deskeco - 01 sep 2023 09:33, Dans Actualités

Forte de l'abondance de ses ressources et d'un marché à la consommation en pleine expansion, l'Afrique peut devenir une destination manufacturière de premier plan pour les industries à forte intensité technologique et un maillon essentiel des chaînes d'approvisionnement mondiales.

Les économies africaines peuvent devenir des acteurs majeurs des chaînes d'approvisionnement mondiales en exploitant leurs vastes ressources en matériaux nécessaires aux secteurs à forte intensité technologique et grâce à leurs propres marchés de consommation en expansion, explique la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) dans son Rapport 2023 sur le développement économique en Afrique, publié  mi août depuis à Nairobi.

Les chaînes d'approvisionnement englobent les systèmes et les ressources nécessaires pour développer, produire et transporter des biens et des services des fournisseurs aux consommateurs.

« C'est le moment pour l'Afrique de renforcer sa position dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, alors que les efforts de diversification se poursuivent. C'est aussi l'occasion pour le continent de renforcer ses industries émergentes, de favoriser la croissance économique et de créer des emplois pour des millions de personnes », a déclaré Rebeca Grynspan, Secrétaire générale de la CNUCED.

L'abondance en minéraux et métaux essentiels en Afrique, comme l'aluminium, le cobalt, le cuivre, le lithium et le manganèse, composants vitaux pour les industries à forte intensité technologique, fait du continent une destination attrayante pour les secteurs manufacturiers. Ce qui est opportun alors que les récents bouleversements causés par les turbulences commerciales, les événements géopolitiques et une conjoncture  incertaine obligent les fabricants à diversifier leurs sites de production.

L'Afrique offre également des avantages tels qu'un accès plus court et plus simple aux intrants primaires, une main-d'œuvre plus jeune, sensibilisée à la technologie et adaptable, et une classe moyenne en plein essor, connue pour sa demande croissante de biens et de services plus sophistiqués.

Renforcer les chaînes d'approvisionnement africaines

Le rapport souligne que la création d'un environnement propice aux industries à forte intensité technologique permettrait une augmentation des salaires sur le continent, actuellement fixés à un minimum de 220 dollars par mois, contre une moyenne de 668 dollars dans les Amériques.

Une intégration plus poussée dans les chaînes d'approvisionnement mondiales permettrait également de diversifier les économies africaines et de renforcer leur résistance aux chocs futurs.

L'expansion des chaînes d'approvisionnement en énergie en Afrique est également une occasion d'accélérer l'action climatique. Le vaste potentiel du continent en matière d'énergies renouvelables, notamment l'énergie solaire, peut contribuer à réduire les coûts de production et à diminuer la dépendance à l'égard des sources d'énergie basées sur les combustibles fossiles.

L'Afrique a besoin de plus d'investissements dans les énergies renouvelables pour combler l'important déficit d'investissement et s'attaquer aux autres obstacles à la fabrication de panneaux solaires sur le continent. À l'heure actuelle, seuls 2 % environ des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables sont destinés à l'Afrique.

Davantage de financement de la chaîne d'approvisionnement pour les PME

Le rapport indique que les petites et moyennes entreprises africaines ont besoin de plus de financement des chaînes d'approvisionnement, ce qui permet de réduire les délais de paiement entre les acheteurs et les vendeurs, d'améliorer l'accès aux fonds de roulement et de réduire les contraintes financières.

Selon le rapport, la valeur du marché africain du financement des chaînes d'approvisionnement a augmenté de 40 % entre 2021 et 2022, atteignant 41 milliards de dollars. Mais cela ne suffit pas.

Le continent peut mobiliser davantage de fonds en éliminant les obstacles au financement des chaînes d'approvisionnement, notamment les défis réglementaires, la perception des risques élevés et l'insuffisance de renseignements en matière de crédits.

La CNUCED souligne également la nécessité d'un allègement de la dette pour offrir aux pays africains une marge de manœuvre budgétaire leur permettant d'investir dans le renforcement de leurs chaînes d'approvisionnement, étant donné qu'ils paient en moyenne quatre fois plus pour emprunter que les États-Unis et huit fois plus que les économies européennes.

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