RDC : plusieurs millions USD sont blanchis chaque année dans les capitaux dissimulés, la redynamisation de la CENAREF s'impose (conférence CGT)

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Les panelistes du la conférence de CGT. Ph. Deskeco.com
PAR Deskeco - 27 jan 2022 10:16, Dans Actualités

La structure Compliance Global Trust (CGT) a organisé une conférence, mardi 25 janvier à Kinshasa sur le thème : "Lutte antiblanchiment et paiements en espèces", défis, contraintes, et perspectives, en partenariat avec Rawbank.

Un panel d'experts a abordé les différents aspects de cette thématique devant les représentants des structures de lutte contre la corruption, notamment l'IGF, l'APLC, la CENAREF et bien d'autres.

Pour sa part, M. Isaac Kalala, Directeur de la conformité à Rawbank s'est appesanti sur les 3 mesures nécessaires permettant aux institutions bancaires de mieux lutter contre le blanchiment des capitaux, un problème réel en RDC.

"Les banques procèdent premièrement par l'Identification du client. Elles déploient une démarche de vigilance qui prend en compte tout ce qui est identification du client afin de mieux connaître à qui on a affaire. Deuxièmement, la banque doit surveiller les transactions du client et mieux connaître le genre d'opérations qu'il effectue. Et ensuite, il y a la formation des collaborateurs. Il est impérieux de former les banquiers à maîtriser les différentes méthodes employées par les blanchisseurs d'argent. Il faut également privilégier l'aspect collaboration entre les autres banques", a-t-il dit.

En outre, il a aussi décrit le risque que court une banque qui se vexe dans le blanchiment des capitaux.

"Le blanchiment des capitaux peut faire en sorte qu'une banque puisse avoir un corrolaire direct sur sa perception et son acceptation par les partenaires étrangers. Il y a aussi, le risque judiciaire. Le blanchiment des capitaux est contre la loi et est sanctionnable. On compte aussi, le risque administratif. Une banque qui se donne à de tels pratiques peut se voir son agrément être retiré par la BCC", a ajouté M. Isaac Kalala.

Par ailleurs, Patrick Kabeya, conseiller du chef de l'Etat en matières de lutte contre la criminalité et le blanchiment des capitaux, a rappelé que le blanchiment des capitaux et l'attachement au cash sont des questions qui doivent être prises au sérieux en RDC. Car le pays court de nombreux risques. 

"En RDC, le financement du territoire existe. Il y a des gens qui construisent des immeubles pour les vendre après dans l'objectif de rendre leur argent propre. On a vu dans le régime passé, un président du Sénat prendre 13 millions USD et les ramener chez lui sous prétexte que l'argent était sorti tard la nuit. Il fallait le placer dans un endroit sûr. Il y a des maisons qui gardent plus de 500 milles USD. Ce genre de comportement ne doit plus exister dans un Etat des droits. C'est à prendre au sérieux", a dit Patrick Kabeya.

Plusieurs millions des dollars sont blanchis chaque année en RDC, dans les capitaux dissimulés. 

La Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF) qui est chargée de lutter contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme est presque dépourvue des ressources humaines et financières pour mener à bien ses missions légales. 

Les participants à cette conférence ont plaidé ainsi auprès des autorités du pays pour combler cette carence afin de renforcer l’efficacité des opérations de la CENAREF et de l’accompagner dans la mise en œuvre de toutes les conditions nécessaires à son adhésion au groupe EGMONT aux fins d’avoir accès au réseau sécurisé d’échange d’informations du groupe et à un large éventail de programmes de formation et d’établir des liens opérationnels avec d’autres cellules de renseignements financiers.

La CENAREF est placée sous la tutelle du Ministre ayant les finances dans ses attributions. Le siège social de la CENAREF est établi à Kinshasa et peut établir des agences et bureaux sur toute l’étendue du territoire national.

Jordan MAYENIKINI

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