La mobilisation internationale autour de la résurgence d’Ebola en RDC continue. Alors que les besoins financiers liés à la riposte continuent d’augmenter, les Nations unies viennent d’annoncer une enveloppe pouvant atteindre 60 millions de dollars, un montant qui constitue jusqu’ici l’une des annonces financières les plus importantes enregistrées depuis le début de cette nouvelle crise sanitaire.
L’annonce a été faite par Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence. Selon lui, cette somme sera mobilisée à travers le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations unies (CERF) afin d’accélérer la réponse humanitaire en RDC et dans les pays voisins potentiellement exposés.
Cette nouvelle enveloppe traduit l’inquiétude croissante des acteurs humanitaires face au risque de propagation régionale du virus. Au-delà de la RDC, des pays comme l’Ouganda ou encore le Soudan du Sud figurent parmi les États faisant l’objet d’une surveillance accrue en raison des mouvements transfrontaliers des populations.
Dans sa communication, Tom Fletcher a insisté sur la nécessité d’agir rapidement afin d’éviter une aggravation de la situation sanitaire. Pour les Nations unies, les précédentes épidémies ont montré qu’une réponse tardive augmente considérablement les risques de propagation et le coût humain d’une crise.
L’accent est désormais mis sur plusieurs priorités : renforcer les systèmes d’alerte précoce, améliorer les capacités de détection des cas, soutenir les équipes médicales et consolider la communication avec les communautés locales. Les organisations internationales considèrent en effet que la confiance des populations constitue l’un des éléments déterminants pour limiter la propagation du virus.
Cette annonce s’ajoute à une série de financements déjà mobilisés par différents partenaires internationaux. Les États-Unis ont annoncé 13 millions de dollars, le Royaume-Uni environ 27 millions de dollars, tandis qu’Africa CDC a déjà débloqué 2 millions de dollars sur fonds propres tout en estimant les besoins globaux de la riposte à 30 millions de dollars.
Avec l’ajout des 60 millions de dollars annoncés par les Nations unies, les montants engagés ou annoncés par les partenaires internationaux franchissent désormais un seuil particulièrement significatif. Pendant ce temps, les regards restent tournés vers les autorités congolaises qui, malgré les instructions données pour accélérer la mobilisation des ressources, n’ont pas encore annoncé publiquement une enveloppe nationale précise destinée à soutenir la riposte.
Jean-Baptiste Leni