Coronavirus en RDC : Sindika Dokolo appelle à un Plan d’urgence pour garantir l’approvisionnement en produits alimentaires

sindika dokolo
PAR Deskeco - 20 mar 2020, Dans Analyses

C’est un secret de Polichinelle, la République démocratique du Congo ne s’est pas préparée face au coronavirus. Déclaré officiellement « urgence sanitaire de portée internationale » par l’OMS le 23 janvier 2020, cette grippe virale n’a été détectée pour la première fois en RDC que le 10 mars, sur un Congolais résident en France et qui a franchi les frontières nationales le 8 mars. C’est donc 47 jours après que le coronavirus a été déclaré en RDC, trouvant le gouvernement Congolais juste avec un dispositif sanitaire dérisoire dans la détection du covid-19 dans les aéroports internationaux.

Cependant, au plan économique et social, le gouvernement Ilunkamba n’a rien prévu de concret. Avant que le virus n’atteigne la RDC, il n’y avait aucun message de sensibilisation de la population sur les mesures d’hygiène dans les médias. Au point que quand le premier cas est déclaré, les Kinois sont sceptiques. Ils doutent des informations officielles surtout avec le tâtonnement du ministre de la Santé sur l’identité du premier patient.

Au plan économique, le gouvernement non plus n’a rien prévu jusque-là. Parmi les 13 mesures communiqués par le président de la République le mercredi 18 mars, aucune ne fait allusion sur le soutien aux entreprises qui seraient en difficultés du fait du Covid-19 moins encore des dispositions arrêtées pour les ménages vulnérables. Bref, l’Exécutif n’a pas de plan pour soutenir dans la mesure du possible l’économie nationale au regard des incapables probables de cette pandémie qui a déjà affecté les quatre principaux partenaires économique de la RDC à savoir la Chine, l’Union européenne, l’Afrique du Sud et les USA.

C’est dans ce contexte que le leader du mouvement citoyen « Les Congolais Debout », Sindika Dokolo, est sorti de son silence pour interpeller le gouvernement sur un le danger qui guette la RDC.

« Nul n'a encore mesuré l'impact économique et social de cette pandémie sans précédent. Le principal danger pour la RDC est alimentaire. Sans réserves de change et sans production interne, nous sommes à la merci d'un marché volatile et sans visibilité. Un plan d'urgence s'impose », a tweeté Sindika Dokolo, réagissant à un des articles de DESKECO.COM qui parlait justement de l’absence des mesures économiques pour accompagner les 13 mesures destinées à endiguer la propagation du coronavirus dans le pays.

En effet, le coronavirus trouve le gouvernement dans une situation économique peu confortable : deux mois consécutifs de déficit en janvier et en février, dépréciation du franc congolais sur le marché de change avec son corollaire la flambée des prix sur le marché, l’exiguïté structurelle dans la mobilisation des recettes au point que le gouvernement recourt à la planche à billet pour financer ses déficits, la dégradation des routes qui limite l’approvisionnement des grands centres de consommation en produits alimentaires non sans compter les tracasseries policières et administratives qui influent sur la fixation des prix des produits alimentaires.

Ce Plan d’urgence pour garantir l’approvisionnement des produits alimentaires est d’autant une nécessité surtout que la RDC dépend des importations pour assurer le besoin en produits alimentaires. Suite au ralentissement de la production en Chine et en Asie, il y a effectivement risque que les commerçant soient en rupture de stock et que cela n’entraînement inévitablement la rareté des produits sur le marché et donc la flambée des prix. Le risque étant un chaos social.

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Au lendemain des mesures du président de la République, il s’est observé la flambée des prix des denrées de première nécessité à Kinshasa et en province notamment dans le Haut-Katanga et le Lualaba. Parmi les pays frontaliers de la RDC touchés, il y a la Zambie, le Rwanda, le Congo Brazzaville. La RDC dépend beaucoup sur le plan des produits de première nécessité de certains de ces pays notamment la Zambie et le Rwanda.

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Ce qui interpelle au plus haut point le Premier ministre, sylvestre Ilunkamba, à peaufiner dans un bref délai un Plan d’urgence pour pallier à toute éventualité surtout si la pandémie persistait dans le monde et dans la région. Ce Plan d’urgence devra forcément s’activer à réhabiliter les routes de desserte agricoles, voire les voies navigables afin d’assurer la circulation des produits alimentaires des centres de production aux lieux de consommation.

Tout aussi, l’Exécutif national devra penser à créer un Fonds pour soutenir les coopératives agricoles, les agriculteurs, les éleveurs afin de les pousser à accroitre leur production des produits de première nécessité, le maïs, le riz, les féculents et autres haricots.

Amédée Mwarabu

 
 

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