DESKECO STORY | Éditorial | Est-ce l'État qui dérive ou la guerre qui pèse ?

Desk eco
Desk eco
PAR Deskeco - 08 mar 2026 20:21, Dans Analyses

Il y a des chiffres qui ne font pas la une. Mais qui disent tout.

21 %. C'est la part du budget congolais qui, au pic de l'année 2025, a été dépensée sans passer par les contrôles budgétaires normaux. Par négligence, par désorganisation? Par guerre, surtout.

L'est du pays brûle. Et le budget en porte les traces. Quand les opérations militaires s'intensifient, l'État ne peut pas attendre que la chaîne administrative suive son cours normal. Il active la procédure d'urgence. Il paie. Il régularise ensuite.

C'est légal. C'est parfois nécessaire. Mais à 21 %, ça devient un signal que les partenaires financiers du pays ne peuvent pas ignorer. Le FMI l'a dit clairement : le plafond a été dépassé.

Ce qui est remarquable, pourtant, c'est l'autre chiffre. Celui qu'on voit moins. Hors dépenses sécuritaires, la procédure d'urgence tombe à 0,70 % au quatrième trimestre 2025. Presque rien. Ce n'est peut-être pas l'État qui dérive. C'est la guerre qui pèse.

Cette nuance change tout dans la lecture des finances publiques congolaises.

Et elle pose une question plus large : jusqu'où un pays peut-il financer un conflit sans fragiliser durablement l' architecture de ses finances publiques ? La RDC n'est pas la première nation à faire face à ce dilemme. Mais elle le fait dans un contexte de marges budgétaires limitées, sous surveillance d'un programme FMI, et avec un besoin urgent de crédibilité auprès des investisseurs et des partenaires techniques. Chaque trimestre compte. Chaque signal compte. La baisse du T4 est encourageante. Elle ne suffit pas encore à clore le débat.

Cette semaine, Deskeco l'explique. Dans le détail. Avec les chiffres. Sans simplification.

Toute la semaine sur deskeco.com

Articles similaires