Albert Yuma sceptique sur les gains que la RDC peut tirer de la Zone économique de libre-échange continental

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PAR Deskeco - 02 mar 2020, Dans Actualités

Le président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), Albert Yuma, estime que la République démocratique du Congo n’a pas rempli toutes les étapes pour s’ouvrir à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) en cours de construction sur le continent.

« Je n’ai jamais fait partie des béats du libre-échange mondial. Je remarque d’ailleurs que ceux qui en sont les plus ardents promoteurs, sont souvent – pour ne pas dire toujours - ceux qui en bénéficieront le plus, quand bien même ils proposent des périodes transitoires adaptatives. J’ai déjà eu à le dire : je ne suis pas partisan « du renard libre dans le poulailler libre », a dit Albert Yuma,  dans son allocution le samedi 29 février lors de la cérémonie de présentation des vœux des membres de la FEC, parlant de la future zone de libre-échange à laquelle la RDC a souscrit et dont l’on attend la ratification de ses accords au parlement Congolais.

Le patron des patrons estime que l’adhésion de la RDC à la ZLECAF pourrait rendre difficile l’émergence de  son industrie locale.

« Là aussi, la chronologie des étapes a son importance. Il n’y a pas eu de développement d’industrie locale, dans aucun pays du monde, sans protectionnisme initial. Soit pur et simple avec des barrières douanières fortes, soit plus sophistiqué, avec des dévaluations compétitives. Je trouve donc toujours assez étonnant qu’on nous demande de prendre le train en marche, alors même que nous n’avons pas pu suivre la même trajectoire qui nous permettrait de nous battre à armes un peu plus égales dans la compétition mondiale. A ce sujet, je disais d’ailleurs récemment à une délégation d’hommes d’affaires tunisiens venus en RDC, qu’il conviendrait de ne pas substituer une dépendance à une autre, fut-elle africaine. Si la Zone de Libre Echange Continentale Africaine doit ouvrir notre pays aux quatre vents et rendre notre émergence industrielle encore plus difficile, je ne suis pas sûr que les gains soient au rendez-vous », a-t-il dit.

Pour Albert Yuma, « la RDC ne doit pas, et ne peut pas être uniquement un marché d’importation de biens et services venus de l’étranger et une zone d’exportation de matières premières non transformées ».

D’où la nécessité de mettre de politique pour favoriser la création au niveau national des industries. La République démocratique du Congo entend accroître le nombre de ses entreprises industrielles de 525 à plus de 1000 d’ici à 2023. C’est l’une des missions fixées par le document de la politique et stratégies industrielles validé à l’issue de l’atelier national de trois jours organisé par le ministère de l’industrie la semaine passée à Kinshasa.

La zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA, ZLEC ou Zlecaf), est un projet de zone de libre-échange en cours de création sur l'ensemble du continent africain. Elle doit regrouper la zone tripartite de libre-échange, qui doit inclure le Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE) et la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), avec d'autre part la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'Union du Maghreb arabe et la Communauté des États sahélo-sahariens. L'objectif du projet est d'intégrer à terme l'ensemble des 55 États de l'Union africaine au sein de la zone de libre-échange.

Amédée Mwarabu

 
 

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