Bradage des permis de la SOKIMO dans l’accord avec AJN : le silence inquiétant du gouvernement

Exécutif
PAR Deskeco - 24 fév 2020, Dans Mines

La société civile est montée au créneau pour dénoncer la cession, depuis janvier  2020 au moyen de la signature d’un accord, par la SOKIMO (Société minière de Kilo Moto) de ses permis à Ressources AJN Inc. pour 17 millions USDS (20 millions $ canadiens).

Depuis, l’on observe un silence assourdissant tant du ministre du Portefeuille que son collègue des Mines. Même le gouvernement qui tient chaque semaine un Conseil des ministres n’a jamais abordé cette question alors que le protocole d’accord entre SOKIMO et AJN date déjà de plus d’un mois.

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Ce silence inquiétant du gouvernement n’est autrement interprété par une attitude complice de l’Exécutif national face à ce que les organisations de la société civile notamment la LICOCO a qualifiée le samedi 22 février au cours d’une conférence de presse de « bradage » du patrimoine minier de la SOKIMO.

Déjà les deux coassociés de la SOKIMO dans Kibali Gold Mines, Barrick Gold Corporation et Anglo Gold Ashanti, ont, dans un communiqué publié le jeudi 20 février rejeté cet accord qui n’a pas recueilli leur avis préalable.

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A en croire la société civile et même le DG de Kibali Gold Mines qui intervenait lors de l’atelier sur la conformité des activités de sa société aux exigences légales environnementales et aux standards internationaux, les permis cédés à AJN valent des milliards de dollars américains. Pire, AJN n’a même pas cet argent en main. Cette société va plutôt lever ces fonds en bourse pour payer après la SOKIMO.

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Il est à la fois étonnant et curieux que le gouvernement de la République soit indifférent face à cette opération de cession des permis appartenant à une société relevant du portefeuille de l’Etat. C’est d’autant étonnant que l’Exécutif national qui est confronté au sérieux problème de mobilisation des fonds soit resté indifférent par rapport à ce dossier de la SOKIMO.

Amédée Mwarabu

 

 

 

 

 

 
 

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