La liste des minerais importants de la République démocratique du Congo (RDC), notamment ceux indispensables à la transition énergétique, ne fait pas l’unanimité au sein de la classe scientifique du pays. Ainsi, le pays est appelé à prendre l’exemple d’autres pays du monde comme la Zambie ou le Chili pour arriver à mettre en place une liste unanime, qui découlera d’une stratégie sur ces minerais. C’est ce que révèle l’ONG Resource Matters, dans un livre blanc publié en décembre 2025.
« La Zambie a développé une stratégie exclusivement dédiée au cuivre, visant à tripler sa production pour atteindre 3 millions de tonnes d’ici 2031. Le Chili, premier producteur mondial de cuivre, a quant à lui mis l’accent sur le lithium, jugé plus stratégique pour l’avenir immédiat de sa politique énergétique », écrit Resource Matters.
Définir une telle liste est important, notamment pour des besoins domestiques, dont le développement industriel national et les intérêts stratégiques du pays.
« Certains experts proposent ainsi une liste élargie incluant le cuivre, le cobalt, le lithium, le germanium, les 3T (étain, tungstène, tantale), le zinc, le manganèse, les terres rares, le fer, le graphite, le nickel et le chrome », écrit Resource Matters.
De l’autre côté, le service géologique national du Congo a proposé une liste des minerais jugés essentiels à la transition énergétique, parmi lesquels le cuivre, le lithium, le cobalt, le nickel, le gallium, le tungstène, le platine, le palladium, le fluor, le graphite, ainsi que les terres rares, renseigne la même source.
Pour arriver à une liste consensuelle, Resource Matters appelle à considérer :
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Les minerais les plus importants pour la transition énergétique au niveau international
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Les minerais “menacés” de substitution par d’autres minerais et dont il faut tenter de préserver la position stratégique
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Les minerais pour lesquels le Congo a des réserves particulièrement importantes comparé à d’autres pays
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Les minerais qui représentent une importance particulière pour l’économie et les recettes fiscales du pays
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Les minerais pour lesquels la demande internationale future est certaine
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Les minerais où la valeur ajoutée locale est la plus facile à réaliser dans le contexte actuel
L’ONG précise également que chacun des minerais devrait être retenu sur la base d’un ou plusieurs de ces critères, et que des indicateurs plus précis et chiffrés pourraient être adoptés en termes de valeur ajoutée.
« À titre d’exemple, le gouvernement pourrait se fixer l’objectif d’atteindre une production métallurgique à 100% pour le cuivre, ainsi que 100 000 tonnes de câbles de cuivre d’ici le 11 juillet 2027, pour marquer le 25e anniversaire du code minier de 2002 », conclut Resource Matters.