RDC : Resource Matters révèle le manque de rigueur dans l’octroi des permis d’exploitation du lithium

Le projet lithium-étain Manono en RDC
Le projet lithium-étain Manono en RDC
PAR Deskeco - 04 jan 2026 09:01, Dans Mines

Dans son livre blanc publié en décembre 2025 sur la création de la valeur ajoutée pour certains minerais stratégiques de la République démocratique du Congo (RDC), à l’instar du cuivre, du cobalt et du lithium, l’ONG Resource Matters, engagée pour la transparence et la bonne gouvernance du secteur extractif, note un manque de rigueur de la part des autorités congolaises dans l’octroi des permis d’exploitation du lithium, une matière importante pour la transition énergétique.

L’ONG estime que les permis sont octroyés sans « appels d’offres compétitifs » et selon « des allocations ad hoc ». Comme exemple, l’ONG évoque le cas de l’entreprise Tantalex Lithium Resources, qui détient une participation dans Minicom Mining SAS, laquelle contrôle le permis d’exploitation des résidus miniers de Manono.

Selon Resource Matters, cette société a réalisé une évaluation économique préliminaire en 2023 et signé un contrat d’écoulement avec Glencore, alors qu’elle n’a pas encore finalisé son étude de faisabilité ni son étude d’impact environnemental et social. Signer un contrat d’écoulement sans étude de faisabilité relève simplement d’un manque de sérieux.

« Le fait que Tantalex indiquait encore en 2023 que ces travaux étaient en cours, alors même que le permis d’exploitation a été octroyé en 2017, soulève des inquiétudes quant à la rigueur et à la transparence du processus d’attribution des permis, ainsi qu’à l’application cohérente des critères techniques, financiers et de valorisation locale », écrit Resource Matters.

Ce cas n’est pas isolé, estime Resource Matters, qui cite également les cas d’AVZ et de Zijin.

Cet organisme craint qu’à ce rythme, la RDC ne parvienne pas à la transformation locale de son lithium, et que ce minerai connaisse le même sort que les filières cuivre et cobalt du pays, « où l’exploitation à grande échelle a généré des recettes d’exportation mais peu de diversification industrielle». 

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