RDC : Rainforest signale des cas de violations des droits humains au Parc de la Salonga

PAR Deskeco - 07 mar 2019, Dans Actualités

Une enquête de la Rainforest Foundation UK (RFUK) révèle que les communautés riveraines du plus grand parc national d'Afrique centrale, la Salonga, ont été victimes de meurtres, de viols collectifs et de tortures aux mains de gardes forestiers soutenus par un financement du Fonds mondial pour la nature (WWF) et de nombreux bailleurs internationaux, rapporte un communiqué du 6 mars de Rainforest Foundation UK.

« Les enquêteurs de RFUK ont rassemblé des éléments de preuve attestant d’un grand nombre de violences physiques et sexuelles  aux mains des éco-gardes du Parc National de la Salonga, un site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en République démocratique du Congo (RDC). Parmi les incidents récents les plus graves, on compte deux cas de viol collectif, deux exécutions extrajudiciaires et de multiples récits de torture et autres formes de mauvais traitements », indique cette Ong internationale de protection de l’environnement.

Il y a environ 700 communautés, représentant plusieurs centaines de milliers d'habitants, qui vivent autour du parc. La lutte contre le braconnage, dirigée par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), y est de plus en plus militarisée, avec une coopération croissante avec les Forces Armées de RDC (FARDC). WWF travaille dans la zone depuis 2004 et est en charge de la gestion du parc depuis 2015, bénéficiant du soutien financier de nombreuses organisations internationales dont la Commission Européenne.

« Il est fréquent pour les femmes qui s'aventurent dans le parc d’être violées et pour les hommes d’être torturés ou extorqués », a déclaré un habitant de Bongila, un village aux abords du parc, à l'équipe de recherche de RFUK.

Après ces révélations, Rainforest Foundation UK appelle les organisations de protection de la nature et leurs bailleurs de fonds internationaux à « agir d’urgence pour éviter de nouvelles atteintes aux droits des communautés locales ».

« Ces rapport d’abus fournissent un aperçu du problème bien plus vaste des violations de droits humains dans et autour des aires protégées des forêts du bassin du Congo et d’autres régions du monde. Ces rapports doivent faire l’objet d’enquêtes, les responsables doivent être traduits en justice, et les victimes indemnisées. Les bailleurs de fonds internationaux doivent prendre des mesures rigoureuses pour s’assurer que de tels abus cessent et que les projets de conservation qu'ils financent ne causent pas de tort aux populations locales et rendre public les résultats de toute enquête sur les abus liés à la conservation », a déclaré Simon Counsell, Directeur Exécutif de RFUK.

« Les organisations de protection de la nature ont jusqu'à présent failli à leurs engagements en matière de respect des droits humains. La conservation doit mobiliser les communautés locales, et non les terroriser, si elle veut être efficace et durable », a conclu M. Counsell.

Situé au cœur du bassin central du fleuve Congo, le Parc national de la Salonga est la plus grande aire protégée de forêt dense humide du continent africain (lorsqu’on prend en considération les deux sections disjointes du parc). Très isolé et accessible seulement par voie d'eau, ce vaste parc (3 600 000 ha) abrite l’évolution d’importantes espèces et communautés d’espèces dans une surface forestière encore relativement intacte. Jouant également un rôle fondamental pour la régulation climatique et la séquestration du carbone, il constitue l’habitat de nombreuses espèces menacées telles que le chimpanzé nain (ou bonobo), l’éléphant de forêt et le paon du Congo.

Amédée MK

 
 

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